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ISLA DEL SOL

Le Lac Titicaca est partagé entre le Pérou et la Bolivie. Après une première exploration côté Pérou, me voilà côté Bolivie. La frontière entre les deux pays… c’est un peu la kermesse des années 70. Tout ça ne fait pas très pro, il faut faire la queue, attendre et puis ton tour vient : pas de question, un tampon et c’est partie.

J’apprends à la frontière par des français que le Dakar chamboule un peu les plans de toute le monde. Des routes sont bloquées, il y a des manifestations. Moi, je ne savais pas que le Dakar passait dans le coin. En fait, ils viennent d’Arequipa où j’étais pour Noël, ils vont à la Paz, à Uyuni et à Salta (Argentine). Ils font un peu mes éclaireurs en fin de compte ! Je ne devrais pas être embêté car je visite l’Isla del Sol. Je devrais donc être une journée après eux.

A peine une dizaine de kilomètres après la frontière, nous arrivons à Copacabana. Non, pas la célèbre plage du Brésil, mais la toute petite mais très charmante de Bolivie. A peine arrivé, je laisse mes bagages en consigne (il y en a une dans un hôtel en remontant sur vers la cathédrale, après la place des bus sur la droite) et file à l’embarcadère (que deux bateaux par jours). J’ai en tête de visiter l’île du nord au Sud, circuit à priori de rêve vu les blogs. Je tombe sur un petit vieux aux tickets, à l’accent local, qui s’en fout un peu de moi. Je crois comprendre qu’on ne peut plus aller au nord mais il ne m’explique pas pourquoi. Moi, j’ai envie de comprendre ! Je saurai plus tard que le nord de l’Ile est fermé depuis plusieurs mois, à cause d’un conflit entre communautés (le Sud profite des retombées directes du tourisme, le nord voit passer les touristes sans réelles retombées).

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Bref, me voilà donc partie pour le Sud de l’Ile avec la volonté d’y passer au moins la nuit ! Le trajet en bateau offre de supers points de vues. L’arrivée sur l’île est simplement « whaow, où je suis ? ». On se croirait plus arrivé en Corse plutôt que sur une île lacustre à plus de 4000 mètres d’altitude. Ici, ça monte et à cette altitude, on le ressent. Les paysages sont merveilleux. Mais quelle frustration ! Le Sud de l’Ile est tout petit. On y fait le tour en deux heures. On aperçoit des miradors ce qu’on aurait du voir au nord. Peut-être une prochaine fois… La ballade reste toutefois très sympa.

Je finirai mon séjour sue l’Ile avec une famille française en tour du monde, que je devrai revoir plus tard. Rosa, une catalane, que j’avais rencontrée à Quita, puis à Cuzco, se joint à nous. Rosa a plus de 65 ans et voyage en sac à dos. Elle me demande si elle peut continuer avec moi à La Paz, n’étant pas super à l’aise dans les grandes villes. C’est parti mon kiki !

Avant de partir, je fais un petit tour dans Copacabana. Aye, les femmes boliviennes avec leur haut chapeaux et leurs dizaines de couche de jupes sont là ! Ici, il y a la bénédiction des voitures en face de la cathédrale. Une petite ville qui ne manque pas de charme !

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LA ROUTE DE … LA MORT !

Ah ah ! Ca fait peur… rien que le nom ! Hier, j’ai dit à maman sur Messenger « demain, je vais faire la route de la mort en vélo ». Elle m’a répondu : « einh ? euh tu fais gaffe quand même ». Ca, ça veut dire « ça serait mieux si tu allais visiter un musée… par exemple ! » Bon, et c’est quoi ce truc ? C’est une des attractions principales près de la Paz.

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Le principe est très simple : tu prends un vélo, tu mets ton équipement de combat, tu te laisses descendre de 4800 mètres à 1300 mètres. Même pas besoin de pédaler (ou presque). Pourquoi la route de la mort ?  Cette route reliait auparavant la Paz au village de Coroico. Il y a plus de croix ou de monuments que de garde-fous ici. Je ne sais pas si on peut parler de ravin après la route, je parlerais plutôt de vide. Auparavant, c’était entre 200 et 300 morts par an sur cette route ! Aujourd’hui, une nouvelle route a été construite pour les voitures et celle-ci est à destination des vélos, qui la descende à fond la caisse avec une relative sécurité (je ne suis pas sûr que le casque ou les genouillères servent à quelques choses si on tombe dans le vide). En fin de compte, c’est un peu comme sur certaine pistes de ski… Il faut simplement éviter de trop causer à son voisin dans la descente !

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Les Andes, à près de 5000 mètres, ça caille … surtout en vélo. On a de la chance (pour l’instant)… Là-haut, c’est tout blanc, c’est dégagé. Le début de la descente se fait sur le bitume. Tiens, dans le groupe, je crois qu’on a notre Jean-Claude Duss. Il cause, joue de l’harmonica en pause, s’improvise médecin pour tenter une approche ! Bon, moi, j’essaie de me réchauffer les doigts gelés. La deuxième partie, la vraie route de la mort, c’est davantage une piste en terre. Ca fait deux fois que je vois une blonde, pas très à l’aise visiblement, aller à fond la caisse. Son sort sera vite réglé avec une chute dans le ravin. La route tient sa réputation ! Nan, je déconne. Elle s’est juste bien viandée et s’est cassée le petit doigt. Et en plus, pas de panique, JC Duss est là !

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Moi, je fais le truc à mon rythme, souvent cassé d’ailleurs par les pauses photos imposées par le guide. Il est super sympa, mais c’est comme ça, ça fait partie du truc. S’il est sympa, c’est aussi car il m’a demandé si je faisais du VTT en compétition, vu mon sens de l’équilibre ! (comme si j’avais une gueule à faire du VTT de compétition). Normalement, j’ai peur du vide mais je dois avouer que depuis le début du voyage, j’ai fait des trucs bien pires (vol du condor à 200 mètres du sol, sur un cable).

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Le temps aura été très changeant : presque beau en haut, purée de pois ensuite, pluvieux, chaud en bas ! Comme je l’ai souvent dit, c’est aussi ça qui fait le charme de cette saison de pluie : le paysage change toutes les 10 minutes !

Arrivé en bas, après 64 kilomètres de descente : c’est déjà fini ? Et même pas mort !

Le truc : réserver son tour à partir de 17 heures à La Paz. Pas besoin de vélo super suspension. Négociation possible à 300 Bol pour une personne (sans doute à moins à plusieurs).

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CUSCO ET LA VALLEE SACREE

CUSCO OU CUZCO

Cusco, ce nom raisonne souvent avec Machu Picchu. Mais si je vous dit que Cuzco signifie en Quechua « Le Nombril de la Terre », rien que ça… Ca laisse songeur. J’ai passé 15 jours dans cette région entre trekking, visite de sites archéologiques, visite de la ville et de ses alentours proches.

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La cathédrale de Cusco, de la Plaza de Arma

Cusco aurait été fondé par Manco Capac (premier empereur du Peuple Inca…) et Mama Occlo (déesse de la fertilité). C’est ensuite devenu la capitale de l’Empire Inca qui s’étendait du sud de la Colombie au milieu du Chilie environ. Cette ville a bien entendu fait les frais des conquistadors espagnols. Détruite en partie, elle a été reconstruite sur les ruines de vieux temples ou autres constructions incas. A l’origine, cette ville avait été bâtie sous la forme d’un puma, animal sacré chez les Incas (vous vous rappelez, le Machu Picchu, c’est un condor…).

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Aujourd’hui, forte de l’activité touristique, cette ville est très animée. On y trouve des restaurants en tout genre comme des cuyerias (littéralement des « cochondinderia »). On y trouve des pulls en Alapaga à 300 dollars et d’autres à 20 dollars (c’est évidemment tout sauf de l’alpaga à ce prix). Tous les touristes achètent leur bonnet péruvien et leur pull moche à tête de lama et se retrouvent sur la Plaza de Arma ! Les bâtiments de la ville sont assez étonnants. Très souvent, on retrouve les bases de l’architecture inca avec des fondations en très grosses pierres taillées minutieusement, avec ensuite le reste de la construction en type colonial. Les églises ont été construites sur d’anciens temples. A l’intérieur, les espagnols n’ont pas réussis à supprimer toute culture inca : dans la cathédrale, on y trouve un tableau de la cène avec… un cuye (cochon d’inde rôti) à la place du pain ! Sur d’autres édifices, on peut retrouver trace de condor ou de feuilles de coca.

Parmi les musées de la ville, le musée Inca est pas mal (pour le Pérou), avec des reconstitutions de momies, des crânes originaux déformés (des civilisation pré-incas se faisaient allonger le crâne en guise de distinction). Le musée Historico Regional vaut également le coup d’oeil (il est compris dans le boleto turistico). Le musée d’art moderne ne présente aucun intérêt selon moi. Tout autour de Cusco, plusieurs sites archéologiques sont très intéressants. J’ai fait la visite en prenant un tour à 20 soles, les entrées sur les sites étant elles aussi comprises dans le Boleto turistico (cf. ci-dessous). Bref, il y a moyen de se prendre pour un vrai Quechua en visitant tous ses sites !

Et Cusco, c’est aussi son marché San Pedro. J’ai l’impression qu’il s’y passe toujours quelque chose. Avant le jour de l’an, les vendeurs de slips et strings jaunes se tiraient la bourre (il paraît qu’il faut porter ça pour le passage de la nouvelle année). Le jour de l’Epiphanie, il se vend des poupées et des habits pour poupées. Celles-ci seront ensuite bénies à l’église (une par famille). Et tous les jours, à mon grand plaisir, les vendeurs de jus de fruits frais auront fait mon bonheur ! Je n’ai pas testé les Ceviches servis sur place, doutant un peu de la fraîcheur des poissons. Possibilité de se faire Entrée -Plat-Dessert à moins de deux euros !

Bref, il y a de quoi faire dans cette ville !

 

LA VALLEE SACREE DES INCAS

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A quelques kilomètres de Cusco, la Vallée Sacrée des Incas s’étend sur une quarantaine de kilomètres entre Pisac et Ollantaytambo, le long du fleuve Urubamba. Ca peut être un point d’entrée sympa avant le Machu Picchu. Pour ma part, je l’ai fait après le Machu Picchu. D’Aguas Calientes, j’ai pris le train qui m’a arrêté à Ollantaytambo, ma première étape dans la Vallée Sacrée.

Ollantaytambo : j’ai été reçu dans un nouvel hostel « aux petits oignons ». Et d’ailleurs, je m’y suis senti bien, dans ce petit village. Il y a de l’âme, du charme. Idéal donc pour récupérer du petit pépin gastrique !

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On retrouve encore beaucoup de trace du vieux village inca. Les rues ont conservées leur tracée d’origine : une des rares trace de l’architecture authentique inca.

Sur les deux flancs de montagne, on retrouve des ruines assez impressionnantes. D’un côté, une forteresse s’élève au sommet de plusieurs étages de terrasses. Elle fut le siège de combats acharnés entre Incas et Espagnols, Manco Inca s’y réfugiant pour tenter de fédérer la résistance inca après la chute de Cuzco. Ces constructions avaient donc un intéret militaire mais également religieux avec le Temple du Soleil. Sur l’autre flanc de montagne, le site de Pinkullyuna offre une superbe ballade avec une belle vue sur la ville et sur le site majeur. Ces ruines sont ‘anciens entrepôts agricoles. La vallée sacrée a en effet un potentiel agronomique important ! On le verra avec d’autres lieux encore.

 

Pisac : un de mes coups de coeur de la Vallée Sacrée

Cette ville est à l’opposée d’Ollantaytambo, géographiquement. J’en ai fait ma deuxième étape en prenant un premier colectivo près du marché pour aller vers Urubamba, puis changement de bus pour Pisac. Super facile et très économique (5 soles tout au plus). Outre ses ruines, la ville de Pisac est également connue pour son marché. Comme beaucoup de marché touristiques en Amérique du Sud, on trouve la même chose d’un stand à l’autre et il s’agit souvent d’articles très bas de gamme. Bon, je n’y allais pas pour ça. La montagne qui surplombe le village est recouverte de terrasses et de ruines incas. Personnellement, je reste toujours aussi « scotché » devant ces terrasse, ou l’art d’apprivoiser la montagne pour développer des cultures. Outre cette fonction agricole, Pisac avait aussi très probablement une fonction militaire, au même titre qu’Ollantaytambo.

Autre particularité des lieux : sur la falaise en face du cillage principal, on peut observer des trous. Il s’agt en fait de tombes incas qui ont été pillées. Pour visiter le site, j’ai démarrer une rando du village jusqu’au sommet. Normalement, il y a la possibilité de  faire une boucle en redescendant par les terrasses. En cette saison des pluies, compte tenu des éboulement possibles, la descente par ce versant était interdite.  Des bus peuvent également atteindre le sommet, avec la possibilité de visiter le site assez rapidement.

Les Salineras et Moray

C’est le dernier jour dans la Vallée Sacrée, et j’ai encore bien des choses à voir ! Je vous avais dit que les alentours de Cuzco ne manquaient pas d’atouts et de curiosités.  D’ailleurs, aujourd’hui, c’est un peu le jour des curiosités.

De Pisac, je reviens sur mes pas à Urubamba. De là, je prend un colectivo pour Maras (il y en a un direct !).Et ensuite, la galère peut commencer. J’ai en effet décider de visiter les Salineras et Moray dans la journée. Il est possible d’atteindre les deux sites à pieds. Mais les deux cumulés dans la même journée, ça fait pas mal de kilomètres. Je réussis donc à négocier pour 40 soles les deux sites + retour au croisement de la route vers Cusco.

La ville de Maras est située à plus de 3000 mètres d’altitude. Ce village a semble-t-il vécu grâce à ses salines. Euh, elle est où la mer ??? Et bien, c’est grâce à une rivière saturée en chlorure de sodium que les locaux ont développée une activité qu’on a davantage l’habitude de voir en bord de mer : 3600 bassins et production annuelle de 200 tonnes de sel. Les bassins sont là encore situé sur le flanc d’une montagne : un travail de titan !

De l’autre côté, la curiosité est aussi étonnante. On a l’impression de pistes d’atterrissage pour la navette de la Soupe aux Choux, ou encore d’un stade rond avec des gradins tout autour.

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Nous sommes à Moray. Il existe plusieurs hypothèses sur la fonction de ce site mais la plus probable semble être « un laboratoire agricole ». Et ça tient la route ! En effet, l’utilisation de terrasses en rond permet de constituer des niveaux de températures et d’ensoleillement. En agronomie, on compte souvent en « somme de températures ». Il se dit que cet endroit était un laboratoire, permettant la sélection et le développement d’espèces végétales dans un petit milieu !

 

Allez, je ne détaille pas le reste de mes visites dans cette vallée sacrée et autour de Cuzco. Sachez qu’il faut avoir le Boleto turistico pour accéder à la majeure partie des sites (sauf les salineras… 10 soles). Ce billet coûte cher : 130 soles. J’en ai profité pendant 4 jours donc ça va… et si ça permet la conservation des sites… Alors pourquoi pas !

Petit conseil : si vous ne faites pas de trek pour le Machu Picchu, un circuit Vallée Sacrée à partir de Pisac, jusqu’à Ollantaytambo, puis train jusqu’à Aguas Calientes, puis Machu, me semble être pertinent sur pleins de points : acclimatation, montée en puissance des sites, gain de temps grâce à un circuit bien pensé !

 

 

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CAFE ATITLAN : EL CAFE TRAVAILDOUR

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Allez, je me laisse aller dans un petit article agro-philosophique … C’est aussi ça le voyage et la découverte ! Dans le cadre des cours d’espagnol, les professeurs de l’école nous demandent nos centres d’intérêt et potentiellement nous organisent des plans autour de ça, généralement en groupe. Et bien pour moi, ils me l’ont organisé spécialement ! J’ai eu le droit à une visite d’une organisation de producteurs de cafés sur les flancs du volcan de San Pedro !

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Pour la vue, ça donne à peu-près ça ! Vue des plantations sur le lac Atitlàn

A la place de mon cours d’espagnol quotidien dans le jardin, aujourd’hui c’était « pratique »… hay que hablar ! hay que hablar ! Entonces, voy a hablar con el director de la organizacion de los productores de café ! Dès 9 heures, je retrouve donc ma prof Conchita. Après quelques minutes de marche le long du lac Atitlàn, nous voilà à FEDEPMA ou Federacion de Pueblos Maya, accueilli par le directeur Manuel.

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Cette organisation a différents rôles : elle regroupe des producteurs de café conventionnels ou bio et assure le  processus de l’après-récolte de café, jusqu’à la commercialisation à un intermédiaire, ce dernier assurant la partie exportation. Elle assure également des expérimentations agronomiques (fertilisation notamment). Enfin, comme pour le café, elle coordonne des producteurs de miel locaux et enfin a une mission de vulgarisation agricole auprès des femmes (nos GVA de l’époque), avec notamment la valorisation du travail au travers l’artisanat. Aujourd’hui, la visite était ciblée sur le thème du café.

Ne croyez pas que j’y sois allé les mains dans les poches. Hier soir, j’ai travaillé mon vocabulaire et mes questions, lu des articles en espagnol sur la production du café… après le cours d’anglais que j’ai assuré auprès des enfants de la famille. Bref, prêt pour apprendre un maximum de choses.

Ici, soyons clair… l’intégralité de la production est réalisée à la main. Il n’y a pas de mécanisation. Seule la partie « après récolte » est mécanisée… mais à minimum. Et ce n’est pas simple sur les pentes d’un volcan, avec des inclinaisons importantes favorisant l’érosion lors des périodes de pluies (comme maintenant)…et avec des moyens, avouons-le, très limités. Je ne dispose au final que de maigres éléments de compréhension, ne maîtrisant pas le positionnement du Guatémala à échelle mondiale. Je sais simplement qu’il se situe vers le dixième rang mondial pour le café (très bien placé vu la taille du pays), qu’il essaie de se positionner sur le marché « Commerce équitable » (mais pas si simple car le travail des enfants existe réellement, et que dire lorsque l’éducation n’est pas obligatoire, que le travail « en famille » fait partie des habitudes locales). Vivre du café dans un contexte de mondialisation n’est pas simple. Les guatémaltèques se contentent de peu, il est vrai. Sur les bords du lac Atitlàn, on va dire que la vue rend l’effort supportable !

Il y a sur le site des expérimentations menées en Agriculture Organique (terme international, que je préfère à notre terme bioloqique) avec des systèmes pertinents d’un point de vu agronomique. Des expérimentations sont menées en permaculture : des porcs sont élevés en enclos, avec des poules à proximité, sous les plantations de café et de bananes. Le tout est cohérent… les poulets ou les porcelets bouffent les dernières pousses de café, assurant directement une partie de la taille… le fumier de porc est remué, piétiné par les poules… puis remis sur les plans de café…

Bref, un petit écosystème. Ca tient la route sauf deux trucs qui me chiffonnent :

  • La durabilité ! Le système est sans aucun doute durable, d’un point de vue agronomique et environnemental. D’un point de vue humain… j’ai des doutes. Sans une contribution de toute la famille (y compris des enfants), ou alors sans des employés payés une misère, le système peut à mon sens difficilement tenir… Toute la nourriture pour les porcs est montée à dos d’hommes (pas un chemin pour un quad ! en même temps, il n’y a aucun véhicule motorisé…). Le maïs (deux récoltes par an) est également récolté intégralement à la main ! Les sacs de récolte de café sont descendus là aussi sur le dos. Et pour faciliter le travail, toute la famille y contribue y compris les petites mains, au premier degré. Ramené à notre SMIC horaire, le café guatémaltèque « Equitable » devrait être payé à prix d’or ! Vu le temps passé pour l’élevage, le cochon devrait être payé à un prix très élevé.
  • L’investissement : il n’y en a juste pas. Pas de mécanisation, le processus de séchage et de conditionnement du café est assuré par des machines relativement vieilles, nécessitant beaucoup de main d’œuvre manuel. Pourquoi ? Production trop à risque ? Retour sur investissement trop aléatoire ? Curieux vu le poids du café dans le PIB du Guatémala… J’ai cette curieuse impression d’une production figée dans le temps.

Vu le poids du travail, les productions agricoles du Guatémala devraient être payées à prix d’or. Il est bien évident que la population locale n’en a pas les moyens. Et nous ? Choisissons-nous notre café en fonction de l’altitude à laquelle il  a été récolté, ou en fonction des conditions de travail des producteurs ? Bien sûr que non, au mieux on se réfugie derrière une étiquette Equitable, qui ne dit pas tout ce qu’elle devrait : d’après ce que j’ai compris, cette appellation profite beaucoup à des intermédiaires qui la maîtrisent très bien, bien moins aux producteurs.

 

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Les bacs à lombrics qui assurent la dégradation des restes de café, le produit issu est ré-utilisé ensuite pour la fertilisation des sols

En tous cas, j’ai pu discuter de beaucoup de sujets, j’ai vu plein de techniques intéressantes (production de fertilisants bio avec les lombrics, permaculture…). Nous pouvons nous inspirer de beaucoup de choses, mais je pense que l’humain est dans cette chaîne très probablement le laisser pour compte.

J’ai hâte de connaître de prochains pays, de réaliser de nouvelles visites, qui me permettront, je l’espère, d’enrichir cette réflexion. En tout cas, un grand merci à Mayab School pour l’organisation de cette formidable visite, merci à Manuel et à toute son équipe qui font un super boulot, en faisant avancer les choses, avec les moyens dont ils disposent.

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QUI SUIS-JE ?

Moi , c’est Gildas… 

ALLEPEY
Sur les canaux d’Allepey dans le Kerala en Inde du Sud

cropped-cropped-cropped-du-reuz-autour-du-monde-0221.jpgUn gars natif du fond de la Bretagne (le Cap Sizun ou la Huitième Merveille du Monde), vivant aujourd’hui dans un endroit où les autochtones disent Fecht Noz, au lieu de Fest Noz (fête de nuit pour les non-bretons) et où se passe le fameux Festival Interceltique tous les ans. J’ai cité : Lorient !

Ah oui ! Je joue de la bombarde, instrument breton qui frôle la barbarie auditive, elle m’accompagnera pendant mon voyages. Elle a déjà été au Sénégal, en Chine, en Inde, en Lettonie, aux USA… Bref, elle a l’habitude de voyager et je peux vous dire « Ca fait du Reuz ».

La musique, c’est en fait une super agence de voyage. C’est dingue à quel point ça donne le sourire aux gens ce truc là… Sans déconner, ça marche même pour l’animation d’un mariage Bollywoodien à Bungalore en Inde (testée et approuvée !)

cropped-cropped-cropped-du-reuz-autour-du-monde-0221.jpgA la fameuse question… Pourquoi tu pars ?

Et ben, je crois définitivement qu’il n’y a pas de hasard dans la vie. Ce projet me tenait à cœur, il ne s’est jamais déclenché à cause de la course à la performance professionnelle. Et à cause de cette course qui provoque l’épuisement, ou grâce à cette course qui génère les moyens, l’évidence était là. J’avais besoin de passer du temps … simplement avec moi …

 

 

 

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PREPARATIFS

cropped-cropped-cropped-du-reuz-autour-du-monde-0221.jpg Alors, comment préparer un gros voyage comme celui-là lorsque tu ne sais pas où tu vas ?

Tu bouffes du blog, c’est instructif mais ça semble parfois frôler le ridicule : certains se lavent les dents au savon qui fait aussi lessive, sur une brosse à dent trouée au niveau du manche car ça pèse moins lourd dans le sac. Sur le coup, je me suis cru le meilleur pote de Nabila ! Nan mais allo !!!

Tu te dis que s’il te manque quelque chose, tu achèteras sur place… Ben oui… Y a des gens qui habitent là où tu vas… en vrai… et ils ont froid parfois, donc ils ont des habits chauds aussi. Et des fois, ils ont un toit et ils arrivent même à allumer un feu. No panic !

Au final, tu fais quand même une liste comme tout le monde, histoire de ne rien oublier… tout en te promettant comme tout le monde de voyager léger avec le sac à dos le plus pratique du monde, qui risque de finir à près de 20 kg à la première pesée alors que tu t’étais promis « pas plus de 12 kg… malheureux !!! »…

Ah si ! Même si tu es toi-même banquier, tu vas voir ton banquier car c’est important… Etant moi-même du métier, je partagerai ma perception ce qu’il faut faire. Enfin, Tu gères toutes les démarches admistratives… Ouai, c’est pas le truc le plus agréable, mais il faut le faire (changeùents d’adresse, assurances personnelles)…

cropped-cropped-cropped-du-reuz-autour-du-monde-0221.jpg Pour l’instant, j’ai l’impression « d’être pas mal ». Presque tout est commandé ou acheté. On fera un point avant le départ. Merci à mes potes Julien et Les Terriens dans le Guidon pour leur liste exhaustive. J’ai un peu copié … et lorsqu’on connaît les gens, on connaît leur niveau de discernement. Si j’avais compilé les blogs, je serais actuellement en recherche d’huile essentielle répulsive contre les araignées d’Amazonie Orientale aux yeux Phosphorescents d’un mètre de circonférence !