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DE RIO DULCE AU HONDURAS

Flores et Tikal étaient pour moi mes derniers « grands » moments au Guatémala. De là, je dois rejoindre le Honduras, puis l’Ile d’Utila pour un stage plongée. Sur la route, il y a Rio Dulce (village et rivière) et éventuellement le village de Livingston, très atypique car seul lieu du Guaté peuplé de Garifunas. Allez, c’est parti, route vers la gare routière de Santa Elena (près de Flores) pour un bus « première classe Marplij » pour Rio Dulce. J’ai réservé une auberge mais je ne sais pas comment m’y rendre et je n’avais pas de connexion le matin.

Et là, trop facile ! Je descends du bus, un Monsieur me demande si je veux prendre la lancha pour Livingston, je lui dis que non et il m’amène dans un restaurant bien sympa sur les bords du fleuve. Je me connecte et là, un mail du matin des proprio me disant qu’ils me récupèrent là ! C’est Royal au Bar einh ? Sans déconner, j’ai parfois l’impression que c’est le stress ou la peur qui génèrent les situations foireuses. Bref, je prends donc le « super Boat » pour aller à leur Eco Lodge Dream Catcher. Ma chambre individuelle est en fait une tente suspendue entre les arbres, au-dessus des marais (y’a peut-être des crocodiles en-dessous ? Si ça craque ?). En fait, je suis le premier client de cette auberge qui vient d’ouvrir avec moi ! Au final, j’ai le choix et privilégie donc la chambre dortoir où je suis seul… L’après-midi, c’est baignade dans le fleuve, truc à la cool. Le repas du soir se passe aussi là-bas très bon repas de poissons frais). C’est super reposant, au milieu de nul part, avec les singes hurleurs encore à côté.

Le lendemain, je remonte le Rio Dulce. C’est magnifique. On passe du fleuve en forme de lac, au fleuve canyon, pou déboucher sur l’Océan Atlantique.

L’arrivée à Livigston est suprenante. Les gens sont noirs ! Ils ont des tailles normales pour nous (oui, oui, les mayas sont petits). On est dans les Caraïbes. Les Garifunas refusent la construction d’une route pour les relier « au reste du monde ». Ils veulent conserver leur culture. Le village est coloré, c’est jolie, ça bouge. Je déchante vite en allant à mon hôtel situé sur la plage. C’est simplement dégueulasse : les plages paradisiaques sont prenables en photos en omettant deux à trois mètres d’ordures. Je suis allé visité le site 7 Altares, un peu du style Semuc Champey en moins bien… Bref, la ballade m’a juste. C’est beau mais après les tas d’ordures.

Bref… Livingston où la désillusion. Heureusement, il me reste énormément de belles images du Guatémala. Car demain, je file vers le Honduras, je traverse une des capitales les plus criminogènes au monde (Sans Pedro Sula), pour aller sur l’Ile de Robinson Crusoé !

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TIKAL ET FLORES

Le jour suivant, nous reprenons la route, encore pour une journée, cette fois accompagné de Nico, Laura et d’un groupe de français rencontré à l’hôtel. Nous allons tous au même hôtel à Flores, île étape pour Tikal. A la sortie du bus, nous faisons alpaguer par un rabatteur, vendeur de tours à Tikal. Il nous embarque dans son bus, nous expliquant qu’il faut aller chercher nos entrées à la banque (c’est vrai…), que le lendemain sera journée galère à cause de grosses manifestations (probable) et que si nous n’allons pas avec lui, on risque de ne pas avoir nos places. A priori, ce n’est pas engageant…. Rien qu’un peu quand même… A peine avons-nous eu nos places que Monsieur commence à nous faire un chantage pas cool si nous ne faisons pas la visite avec lui… « Et ben parce que t’es comme ça, on ne fera pas avec toi ! » Il nous vire de son fourgon, on se démerdera comme des grands pour rentrer à l’hôtel et finirons par réserver par l’hôtel.

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La visite de Tikal est chère comparée aux sites mayas au Mexique. Il faut dire que le guide est quasi systématiquement vendu, parfois aux motifs de sécurité sur le site. Pour notre part, nous avions fait le choix d’une visite avec levée du soleil, donc le guide s’imposait. Réveil à 2H45 pour moi, 2H55 pour Nico, 3H05 pour Laura qui en même temps a perdu le ticket de bus pour trois et ne retrouve plus ses entrées. On réussit à faire retarde le bus. Notre fameuse Laura, toujours dans son jour « sans », finira par perdre une lentille dans le bus.

Et tout ça pour ne pas voir le levée du soleil, à cause d’un épais brouillard. Pas grave, on assiste quand même aux réveils des animaux : les cris des singes hurleurs toujours aussi impressionnants, les singes araignées sautent d’arbre en arbre au-dessus de nos têtes, de drôles de créatures entre chiens et ratons laveurs les Koatis) prennent leur petit déjeuner. Le brouillard tombe et le site se découvre.

Tikal est un site très ancien, ayant connu son apogée entre le 3ème et le 9ème siècle (beaucoup plus tôt que Chichen Itza par exemple). Le site est dans la jungle et seulement 20% est découvert. Les pyramides, sont hautes avec des montées vertigineuses. On l’appelle parfois le New Yok Maya ! Sans aucun doute un des plus beaux sites archéo que j’ai pu voir, aves des cérémonies familiales au pied de la grande pyramide en prime ! En plus, vue l’heure, il n’y a pas grand monde. Laura se prend à s’imaginer faire la vaisselle à l’époque maya. Pour ma part, je m’invente le tuc-tuc maya. On se dit que le chien maya devait être la drôle de bête rencontrée le matin.

Vers midi, nous sommes de retour à l’hôtel. Je profiterai de cette après-midi pour visiter l’Ile de Flores, faire un tour en lancha pour découvrir l’une des plages avec de l’eau  à 30° sûrement, et enfin pour me faire couper les cheveux à la mode maya (« vous voulez carré ou rond derrière ? » euh faites comme vous voulez, je ne me vois jamais de derrière…). Flores, c’est tout mignon comme tout : super petite île près de Santa Elena avec une superbe auberge : Los Amigos.

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SEMUC CHAMPEY

Je dois dire que ce fameux volcan m’a eu dans tous les sens du terme. Trois jours après, j’ai toujours des douleurs dans les jambes, des étoiles dans les yeux… Je suis « limite » devenu le VRP (voyageur, représentant et placier) de l’auberge pour vendre les excursions. « Je fais avec vous car le monsieur là-bas, quand il en parle, ça fait envie ». Bref, je ne vais de toute façon pas refaire l’excursion. Maintenant, c’est cap au Nord pour la dernière semaine au Guatémala. J’aurais bien pris mon temps dans cette belle ville d’Antigua, classé aupatrimoine de l’UNESCO par ailleurs.

C’est donc vers Semuc Champey que je me dirige. C’est dans le centre du Guatémala. C’est connu pour ses piscines naturelles au milieu d’une rivière, avec ses eaux turquoises et ses grottes. Par contre, c’est reparti pour 7 heures de bus tape-cul guatémaltèque, soit 10 heures en réalité. Les bus traversent les carrières, les routes sont toujours autant en mauvais état. Le transport commence à me gonfler quand même. Pour arriver à Lanquin (ville étape de Semuc), c’est une heure et demi de route en terre (rassurez-vous, ces routes figurent sur Google Map, normal !). On arrive sous une pluie battante et c’est peu de le dire ! Tous les rabatteurs pour les hôtels sont là. Je suis tout seul à aller au Retiro. C’est pas mal ! Dans la chambre, je fais la rencontre de Nicolas, un français parisien, qui lui-même a rencontré Laura dans le bus, une estonienne vivant en Nouvelle-Zélande. On passera les trois jours suivants ensemble.

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Une partie du bétail, dans la bétaillère vers SEMUC, avec Nicolas

Dès le lendemain, route dans une sorte de bétaillère humaine pour Sémuc. On doit être une bonne quinzaine dans le coffre du pick-up. C’est drôle. Les paysages sont superbes et complètement sauvage sur cette route. Les piscines de Semuc me font tout de même penser à celle d’Agua Azul au Mexique (j’ai préféré ces dernières)… Mais les couleurs sont tops. On fait du toboggan sur les rochers accompagnés de nos guides.

L’après-midi est consacrée à deux activités. La première est le genre de truc que tu ne trouves que dans ce genre de pays : une sortie dans les grottes genre spéléo, sans casque, avec une bougie genre « que t’achète dans une église » pour simple éclairage. Très vite Laura se coupe le pied comme il faut, Nico se cognera la tête contre les parois, moi je m’en sortirai indemne. Même pas peur… on te fait passer par des sortes de cascade où il n’y a de la place que pour un homme. Le Monsieur dit, prenez cette roche de la main droite, celle-là de la main gauche, laissez-vous glisser et faites en sorte de sortir vers la gauche quand vous serez sous l’eau. Je ne saurai jamais ce qu’il y avait  droite. Bref, c’est drôle quand ça se passe bien. Question sécurité, on repassera !

La dernière activité est beaucoup plus à ma portée. Tu vas dans une chambre à air de voiture, tu poses ton cul, tu te laisses aller dans la rivière. Y’a des enfants qui sautent dans l’eau, eux-aussi dans leur chambre à air, quand ils te voient arriver. Tout ça pour te vendre une bière ! Une journée qui finit bien ! (on a payé 150 Q le tour, soit environ 17 euros la journée).

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ANTIGUA GUATEMALA

Après mon séjour linguistique à San Pedro, j’ai fait route vers Quetzaltenango, toujours dans mon moyen de transport préféré : le chicken bus. Quetzaltenango ou encore Chela est la seconde plus grande ville du pays. J’y suis allé car cette semaine démarrent les fêtes de l’indépendance et Chela promet d’être la plus grosse fiesta du pays… et quand il y a marqué Féria, et ben je fonce.

En fait, à part une grande fête foraine et l’élection de Miss Chela, il ne se passe pas grand chose avant le jeudi. Je fais vite le tour de la ville qui ne présente pas grand intérêt si ce n’est celui de faire une rando sur un volcan à proximité. Perso, j’ai ciblé cette randonnée davantage dans le coin d’Antigua. Au bout de deux jours je décide de lever le camp et de rejoindre la belle ville coloniale d’Antigua, toujours en chicken bus.

Antigua est l’ancienne capitale du Guatémala. En 1773,les espagnols ont fait le choix de Guatémala ciudad, après que la ville d’Antigua ait été détruite par un tremblement de terre. La zone est ici très sensible. La belle petite cité est entourée de volcans qui veillent, tels de vieilles dames qui peuvent se mettre en colère à n’importe quel moment. Le plus imposant vu de la ville est le Volcan Agua. Il est éteint depuis de nombreuses années.

Ici, il y a le musée du chocolat et encore de nombreuses plantations de café. Pour ma part, j’ai surtout flâner dans les ruelles colorées de la ville, très agréables. Ici, le tenues sont clairement occidentalisées, contrairement à la grande ville de de Chela où es femmes portaient encore les tenues locales. J’ai également profité de l’auberge Wicho et Charlie pour me préparer les futures aventures et récupérer des dernières.

Et oui, ici il y a des trucs de fou à faire dont notamment l’ascension des volcans. J’ai arpenté les pentes de l’Acatenango. C’était Whaou ! J’y consacre donc un petit article.

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LE VOLCAN DE FOU : L’ACATENANGO

Arrivé à l’auberge d’Antigua, je demande rapidement les choses à faire dans les environs. Ni une ni deux, on me vend l’ascension du volcan Acatenango. Ca tombe bien, j’avais prévu ce trek. Leur truc a l’air de qualité. Allez vendu ! L’Acatenango fait partie de la même chaîne que le Fuego, volcan en activité. Son ascension permet donc une vue normalement superbe sur le volcan en activité… normalement…

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Mercredi matin, je fais mon paquetage pour deux jours de treks. Je sais que ça va être dur et qu’il va faire froid. Je me rappelle donc au principe des trois couches et vais tester pour le coup mon équipement Décathlon (léger mais qui se veut efficace) . Ca me fait peur lorsque je vois l’auberge équiper les autres clients d’anoraks dignes d’une montée de l’Anapurna !

Nous prenons donc le minibus qui nous amène à une heure d’Antigua. Nous ne sommes que 6 dans le groupe : 1 anglais, 1 autralien, 1 belge, 2 espagnoles et moi. C’est parti pour la montée. Pour aujourd’hui, nous allons passé de 2 200 m à 3 700 m. Je n’ai pas regardé précisément, mais ça a du nous prendre 5 bonnes heures, pause déjeuner comprise, pour environ 6 km. Je vous laisse imaginer le terrain, l’inclinaison. Le premier tiers est constitué de sable volcanico-gravilloneux qui glisse sous les chaussures. En gros, tu fais deux pas, tu glisses d’un pas. Le souffle est court. Ca va, je m’en tire bien. Je remercie mon hypnothérapeute qui m’a fait arrêter de fumer il y a 9 mois ! Puis, la végétation change. Les plantations diverses laissent la place à végétation luxuriante puis à des pins, les gravillons à la roche. Chacun monte à son rythme avec une guide super bienveillant. Je pense qu’au plus dur, nous faisions un kilomètre en plus d’une heure. Et le pompon ! On ne voit rien car on marche dans le brouillard ou dans le gros nuage.

Super quoi ! Tu te dis « j’en chie et en plus on ne verra rien ». Le guide, pour nous rassurer, nous dit qu’on a de la chance car il ne pleut pas ! « C’est ça, ouai… manquerait plus que ça ! ». Bref, heureusement que les 45 dernières minutes sont cools. C’est presque plat. Nous arrivons au campement de base, bien rincés mais contents. On est censé voir le volcan Fuego. On ne voit rien évidemment… Par contre on l’entend, il est en éruption ! C’est un peu chiant, c’est comme quand à la TV, tu n’as que le son… Restons positif, ça permet de l’apprécier. Le Fuego ronfle, la coeur de la terre gronde… On ne le voit pas, mais il nous cause… comme menaçant !

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Deux heures après, ça caille vraiment là-haut en on ne voit toujours rien. Je décide donc d’aller faire une petite sieste. A peine allongé, j’entends les copains crier « fuego ». Et là, c’est parti, le spectacle de la nature commence. Les éclairs s’en mêlent et le tonnerre vient se mélanger aux cris du volcan. L’éruption est quasi continue et  le soleil se couche. Nous voyons la lave dévaler les flancs de cette grande dame énervée. C’est magique. De l’autre côté, la vue sur le Volcan Agua est juste sublime. On en oublie le froid (la température ressentie est bien en-dessous de zéro). Notre guide nous prépare des branches d’arbre pour faire cuire nos chamallows grillés.

Et le spectacle continue. Je crois que les Dieux sont avec nous. Ils nous fournissent une superbe éruption du Fuego, avec des nuages permettant un mélange de couleur à couper le souffle. La Terre a un coeur, c’est sûr. Et ce soir, pas besoin de stéthoscope… On l’entend. La Terre crache de la lave, par la bouche du Fuego. Et nous, on est là… tout petits, à admirer ce spectacle !

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Le Volcan Agua : la maman surveille sa fille énervée
Le volcan Fuego du camp de base
Le Volcan Fuego : la belle effrontée !

Du camp de base, c’est déjà magique. Mais demain, le réveil sonne à 4 heures pour parcourir le dénivelé le 300 mètres restant. Mon voisin de tente restera dormir, les jambes ne suivant plus. Deux autres abandonnerons à cause d’une lampe frontale déficiente. Nous ne sommes plus que trois et le guide. 300 mètres de dénivelé, facile ! P…, plus d’une heure qu’il nous aura fallu ! C’était comme grimper sur Dune du Pilat sans marche, sans appuis. Le sable glisse sous les pieds. Je reste prudemment derrière l’espagnole, qui m’avoue avoir le souffle coupé et vraiment du mal à respirer (on approche les 4000 m). Sur les bords, des gens d’autres groupes sont allongés (mal d’altitude).

Nous arrivons, juste avant le levée du soleil à 3976 m. Ils auraient pu rajouter 34 mètres, au point où on en était. Alors, là, c’est juste énorme. Le point de vue, ou les points de vue, sont mortels, les minutes avancent, les couleurs changent. Les photos sont dures à prendre car il fait super froid, mais les images resteront définitivement dans la tête. Fuego ne s’est pas calmée. Elle continue à hurler, comme si elle avait quelque chose à nous dire. Sa salive coule sur ses joues ! Et, ça nous ramène à notre petit niveau cette affaire. La nature sera définitivement plus forte que tout !

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La team au sommet !

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La descente vers le camp de base est drôle. Comme des gamins ayant eu leur jouet, on court dans le sable, je vais des dérapages de ski ! On arrive rejoindre les autres, des étoiles dans les yeux. Ceux qui ne sont pas montés sont également heureux car la vue du campement est elle aussi canon !

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Un petit café, un bon croissant, et c’est parti pour la descente. On dit 2H30. je l’ai fait en beaucoup moins de temps car avec deux autres du groupes, nous l’avons faite quasi intégralement en courant. Mes cuisses m’en remercie aujourd’hui. Arrivés en bas avec le collègue belge, on trinque à l’aventure. Il est 9H30, il achète sa liqueur locale, moi je me limiterai à une bière… Il n’est même pas 10 heures du matin !

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Suis content !

Des fois, dans ta vie, tu te dis  » j’ai encore ça à faire avant de mourir ». Je n’avais pas mis ça sur ma liste car je ne savais pas que ça existait. Ce mélange de sensation, mêlant l’effort physique, le découragement ponctuel, le regard de l’autre qui te dit « Vas-y », le petit geste que tu fais à ton pote du jour pour l’encourager, avec en récompense le plus somptueux spectacle Son et Lumière de la nature… les cris, les ronronnements de Fuego !  un des plus beaux show que j’ai pu voir, sans aucun doute !

Pourquoi je recommande Wicho&Charlie : en gros le tour coûte 350 Q + l’entrée du parc à 50 Q. Comparé aux info prises sur les blogs, les prix ont l’air d’avoir nettement augmenté. Wicho&Charlie se situe donc dans une fourchette de prix raisonnable, mais avec des plus. Les groupes sont de taille mesurée. Certaines agences partent avec des groupes de 20. La moyenne ici est plutôt de 10. La bouffe est copieuse avec un repas chaud le soir (des pates OK, mais c’est chaud et c’est bon). Quand il fait froid, ça fait du bien. Enfin, il n’y a pas de tente à porter pour la montée. Perso, mon sac à dos de 15 litres m’a suffit, avec des vestes portés en extérieur. J’ai vu des gens clairement galérer : équipement non adapté, poids sur les épaules… Bref, chacun fait comme il veut mais je peux vous dire que cette rando est suffisamment dure comme ça.

Enfin, j’ai vu certaine personnes qui recommande de partir en solo. Pourquoi pas… C’est comme au ski, tu pars en hors piste, sans équipement de secours, sans arva… en cas de plantage, l’issue est fatale. 10 personnes ont perdu la vie en début d’année (OK, les conditions étaient plus dures, mais bon…). On ne déconne pas… donc…

 

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L’ECOLE D’ESPAGNOL AU GUATE

Lorsqu’on se renseigne sur le Guatémala,on tombe forcément sur des informations concernant les classes d’espagnol à Antiguà Guatémala, à Quetzalténango ou encore sur les bords du lacs Atitlàn. Mon séjour au Mexique m’a conforté dans cette décision de prendre des cours pour avoir des échanges plus riches avec la population. Et puis ça fait plus de 20 ans que je n’ai pas pratiqué un mot de cette langue. « L’espagnol se perd, mais ne s’oublie pas ». C’est vrai, mais une fois perdu, on a parfois l’impression de savoir, alors qu’on ne sait plus ! Donc retour sur les bancs de l’école !

J’ai fait le choix de San Pedro de la Laguna pour plusieurs raisons :

  • Le site : cette petite ville est super jolie. Nichée au pied du volcan San Pedro, sur les bords du lac Atitlàn, elle offre de multiples possibilités de ballades
  • L’authenticité : ici la langue maya est encore bien présente avec le Tz’utuhil. Cette langue est pratiquée au quotidien par les différentes générations, parfois mélangée à l’espagnol. Elle est parlée seulement dans une vingtaine de communes autour du lac. Ici, les femmes portent la tenue traditionnelle, avec la faja (ceinture (richement tissée, parfois perlée ou brodée) caractéristique des bords du lac Atitlàn
  • Le prix : l’apprentissage de l’espagnol au Guatémala est vraiment bon marché, encore plus à San Pedro de la Laguna.

 

LE CHOIX DE L’ECOLE

Dès mon arrivée à San Pedro, j’ai fait le tour des écoles. J’avais déjà obtenu quelques informations en amont. A l’hôtel, les propriétaires m’ont directement orienté vers MAYAB SCHOOL. En plus de la notoriété de l’école, Ana et Mario, les propriétaires, travaillent avec elle en étant Famille d’accueil ! C’est drôle, c’est le seul directeur d’école d’espagnol qui m’a fait une présentation précise de son école avec une proposition tarifaire en amont. Je décide donc d’aller visiter MAYAB, et d’autres ensuite. Toutes les écoles proposent des cours sans ou avec hébergement (en famille, ou dans d’autres logements). La plupart des étudiants vont en famille car l’immersion accélère bien sûr l’apprentissage.

  • Mayab School : d’emblée, le directeur Juàn PUAC a été très avenant, me décrivant précisément les priorités de son école, les activités proposées. Ca me plait bien. Ici, il y a un réel suivi des professeurs par Juàn avec une pédagogie non figée. Les professeurs sont qualifiés. Les cours se basent sur la grammaire bien sûr, mais aussi sur l’expression orale. Je remarque vite également que les activités proposées s’articulent souvent autour de la culture locale. OK, le site n’a pas vu sur le lac mais le jardin reste bien sympa. Autour de 150 € la semaine, logement en famille d’accueil en chambre individuelle, 6 x 3 repas durant la semaine (Possibilité de cours en famille, enfin bref, c’est un peu à la carte…)
  • San Pedro Spanish School : les propriétaires de l’hôtel m’en ont parlé. Cette école a une excellent réputation ici. Le cadre pour étudier est magnifique dans un jardin très bien entretenu, avec vue sur le lac. Les activités proposées sont nombreuses. Le prix est également plus élevé : vers 200 euros
  • La Cooperativa: également bien connue, le site est également bien tenu. Lorsque je suis arrivé sur place, on m’a remis un book, à lire. La présentation de l’école a été pour le moins succinte. N’ayant pas eu l’impression de susciter un quelconque intérêt, si ce n’est celui du porte-monnaie, j’ai vite rebroussé chemin. Prix aux alentours de 170 – 200 €
  • Casa Rosario : situé également au bord du lac, l’école est plus « roots ». Lors de la présentation, on m’a davantage parlé des activités que des cours. Pour autant, les retours sont bons… Dans les 150 € la semaine
  • Il en existe encore d’autres que je n’ai pas visitées !

Mon choix s’est vite porté sur Mayab (meilleur compromis qualité de l’enseignement/ Activité/Prix). Compte tenu de la saison base, j’ai obtenu un prix encore plus intéressant que je ne dévoilerai pas ici, par respect pour Juan et son équipe. je n’ai clairement pas été déçu.

MON EXPERIENCE A MAYAB

A peine choisi, déjà démarrée. Le lundi midi, je suis allé voir Juàn pour lui faire part de mon souhait de travailler avec MAYAB, le lundi à 14H00, je démarre mes cours avec Conchita. Juàn me propose de rester avec la famille qui tient l’hôtel. Au-dessus de leur maison, ils viennent d’aménager des chambres toutes neuves. Je serai le premier occupant, avec ma salle de bain privé pendant 15 jours !

La salle de cours est comment dire… atypique. Je suis sous une petite cabane, avec Conchita, à étudier 4 heures par jour. Lors de la pause, c’est très simple et sans chichis : un café !

La philosophie de l’école est très simple : l’étudiant avant tout. Si le prof ne convient pas, possibilité de changer, si la famille d’accueil ne convient pas, idem… Nous avons ensuite fait un point rapide avec Conchita sur mes objectifs, sur mon niveau. Très rapidement, elle se rend compte que je sais plein de choses mais qu’il faudra remettre de l’ordre. L’objectif en deux semaines… et bien c’est de remettre un peu d’ordre afin que je parle plutôt que de baragouiner.

Il y a beaucoup de grammaire, et c’est normal car la langue l’exige. Mais très souvent, nous nous évadons sur différents sujets. Je crois qu’on a parlé de tout ! De la musique locale, des langues et de leur apprentissage en famille ou à l’école, de la comadrona (sage-femme) qui, ici ne fait pas d’étude car elle a « le » don, … bref de tout ce que vous voulez ! Ca reste néanmoins très structuré avec des exercices, des petits travaux à réaliser éventuellement à la maison. Si on veut un minimum de progression ces derniers sont nécessaires.

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Je ne sais pas comment fonctionnent les autres écoles, mais ici à MAYAB, vous avez la possibilité de profiter d’une ouverture extérieure. Pour ma part, j’ai fait part de mon intérêt pour la culture du café. Le directeur m’a organisé une visite dans une organisation de producteur de café, avec visite des plantations, des expérimentations en cours. Le cours en « salle », s’est donc transformé en cours « sur le terrain ». J’ai également pu participer à la fête de l’école de sa fille, dans le cadre de la fête nationale. Ces échanges culturels favorisent l’envie d’en apprendre encore plus, j’en suis persuadé.

Deux activités sont proposées chaque semaine. Durant mon passage, nous avons vu un documentaire sur l’histoire du Guaté depuis les années 50 (super intéressant, et ça alimente la leçon du lendemain), une conférence sur les costumes et cultures Maya avec Francisco, le père de Juàn. Le sujet et le conférencier étaient passionnant. Francisco est très reconnu localement pour ses connaissances. Tous les profs participaient à la conférence et apprenaient visiblement beaucoup de choses. J’ai moins accroché aux cours de Salsa et à la partie de pêche sur le lac (c’est aussi un peu à cause des moustiques), mais il en faut pour tous les goûts. La semaine prochaine, il y a cuisine Maya je crois…

Honnêtement, j’ai hésité à continuer une semaine de plus ! C’est un rapport imbattable, avec des compétences, des moments de partage. La vie en famille locale a été très riche d’échanges, de jeux (voir la rubrique SAN PEDRO, dans Guatémala…) J’ai vécu une super expérience ici, à MAYAB, à San Pedro, dans la famille de Anà et Mario !

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CAFE ATITLAN : EL CAFE TRAVAILDOUR

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Allez, je me laisse aller dans un petit article agro-philosophique … C’est aussi ça le voyage et la découverte ! Dans le cadre des cours d’espagnol, les professeurs de l’école nous demandent nos centres d’intérêt et potentiellement nous organisent des plans autour de ça, généralement en groupe. Et bien pour moi, ils me l’ont organisé spécialement ! J’ai eu le droit à une visite d’une organisation de producteurs de cafés sur les flancs du volcan de San Pedro !

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Pour la vue, ça donne à peu-près ça ! Vue des plantations sur le lac Atitlàn

A la place de mon cours d’espagnol quotidien dans le jardin, aujourd’hui c’était « pratique »… hay que hablar ! hay que hablar ! Entonces, voy a hablar con el director de la organizacion de los productores de café ! Dès 9 heures, je retrouve donc ma prof Conchita. Après quelques minutes de marche le long du lac Atitlàn, nous voilà à FEDEPMA ou Federacion de Pueblos Maya, accueilli par le directeur Manuel.

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Cette organisation a différents rôles : elle regroupe des producteurs de café conventionnels ou bio et assure le  processus de l’après-récolte de café, jusqu’à la commercialisation à un intermédiaire, ce dernier assurant la partie exportation. Elle assure également des expérimentations agronomiques (fertilisation notamment). Enfin, comme pour le café, elle coordonne des producteurs de miel locaux et enfin a une mission de vulgarisation agricole auprès des femmes (nos GVA de l’époque), avec notamment la valorisation du travail au travers l’artisanat. Aujourd’hui, la visite était ciblée sur le thème du café.

Ne croyez pas que j’y sois allé les mains dans les poches. Hier soir, j’ai travaillé mon vocabulaire et mes questions, lu des articles en espagnol sur la production du café… après le cours d’anglais que j’ai assuré auprès des enfants de la famille. Bref, prêt pour apprendre un maximum de choses.

Ici, soyons clair… l’intégralité de la production est réalisée à la main. Il n’y a pas de mécanisation. Seule la partie « après récolte » est mécanisée… mais à minimum. Et ce n’est pas simple sur les pentes d’un volcan, avec des inclinaisons importantes favorisant l’érosion lors des périodes de pluies (comme maintenant)…et avec des moyens, avouons-le, très limités. Je ne dispose au final que de maigres éléments de compréhension, ne maîtrisant pas le positionnement du Guatémala à échelle mondiale. Je sais simplement qu’il se situe vers le dixième rang mondial pour le café (très bien placé vu la taille du pays), qu’il essaie de se positionner sur le marché « Commerce équitable » (mais pas si simple car le travail des enfants existe réellement, et que dire lorsque l’éducation n’est pas obligatoire, que le travail « en famille » fait partie des habitudes locales). Vivre du café dans un contexte de mondialisation n’est pas simple. Les guatémaltèques se contentent de peu, il est vrai. Sur les bords du lac Atitlàn, on va dire que la vue rend l’effort supportable !

Il y a sur le site des expérimentations menées en Agriculture Organique (terme international, que je préfère à notre terme bioloqique) avec des systèmes pertinents d’un point de vu agronomique. Des expérimentations sont menées en permaculture : des porcs sont élevés en enclos, avec des poules à proximité, sous les plantations de café et de bananes. Le tout est cohérent… les poulets ou les porcelets bouffent les dernières pousses de café, assurant directement une partie de la taille… le fumier de porc est remué, piétiné par les poules… puis remis sur les plans de café…

Bref, un petit écosystème. Ca tient la route sauf deux trucs qui me chiffonnent :

  • La durabilité ! Le système est sans aucun doute durable, d’un point de vue agronomique et environnemental. D’un point de vue humain… j’ai des doutes. Sans une contribution de toute la famille (y compris des enfants), ou alors sans des employés payés une misère, le système peut à mon sens difficilement tenir… Toute la nourriture pour les porcs est montée à dos d’hommes (pas un chemin pour un quad ! en même temps, il n’y a aucun véhicule motorisé…). Le maïs (deux récoltes par an) est également récolté intégralement à la main ! Les sacs de récolte de café sont descendus là aussi sur le dos. Et pour faciliter le travail, toute la famille y contribue y compris les petites mains, au premier degré. Ramené à notre SMIC horaire, le café guatémaltèque « Equitable » devrait être payé à prix d’or ! Vu le temps passé pour l’élevage, le cochon devrait être payé à un prix très élevé.
  • L’investissement : il n’y en a juste pas. Pas de mécanisation, le processus de séchage et de conditionnement du café est assuré par des machines relativement vieilles, nécessitant beaucoup de main d’œuvre manuel. Pourquoi ? Production trop à risque ? Retour sur investissement trop aléatoire ? Curieux vu le poids du café dans le PIB du Guatémala… J’ai cette curieuse impression d’une production figée dans le temps.

Vu le poids du travail, les productions agricoles du Guatémala devraient être payées à prix d’or. Il est bien évident que la population locale n’en a pas les moyens. Et nous ? Choisissons-nous notre café en fonction de l’altitude à laquelle il  a été récolté, ou en fonction des conditions de travail des producteurs ? Bien sûr que non, au mieux on se réfugie derrière une étiquette Equitable, qui ne dit pas tout ce qu’elle devrait : d’après ce que j’ai compris, cette appellation profite beaucoup à des intermédiaires qui la maîtrisent très bien, bien moins aux producteurs.

 

bac à lombrics
Les bacs à lombrics qui assurent la dégradation des restes de café, le produit issu est ré-utilisé ensuite pour la fertilisation des sols

En tous cas, j’ai pu discuter de beaucoup de sujets, j’ai vu plein de techniques intéressantes (production de fertilisants bio avec les lombrics, permaculture…). Nous pouvons nous inspirer de beaucoup de choses, mais je pense que l’humain est dans cette chaîne très probablement le laisser pour compte.

J’ai hâte de connaître de prochains pays, de réaliser de nouvelles visites, qui me permettront, je l’espère, d’enrichir cette réflexion. En tout cas, un grand merci à Mayab School pour l’organisation de cette formidable visite, merci à Manuel et à toute son équipe qui font un super boulot, en faisant avancer les choses, avec les moyens dont ils disposent.

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LES MARCHES AU GUATE

Lorsque je voyage, les marchés font systématiquement de mon itinéraire. Pourquoi ? Car c’est là où tous les sens se réveillent. Il y a les odeurs, les bruits, les couleurs, les paroles, ça grouille de partout ! C’est aussi un révélateur du niveau de vie d’un pays. Vue l’authenticité locale au quotidien de la région d’Atitlàn, la visite de marché locaux était donc incontournable. J’en ai visité deux : celui de Chichiquastenango, l’incontournable plus grand marché du pays et celui de Santiago Atitlàn, à 20 minutes de bateau d’où je réside.

Santiago Atitlan est la ville principale autour du lac. Il y a même un mini-hôpital ! Le vendredi se tient le grand marché hebdomadaire. Zou… un petit tour en lancha, en me voilà dans les rues de Santiago. Cette petite ville n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est d’être situé sur les rives du Lac Atitlan, ce qui est déjà pas mal ! Sur la route du marché, plusieurs vendeurs de souvenirs vous appellent en passant. Allez, un tour dans une boutique et c’est bon ! Ils vendent tous la même chose ! C’est malheureusement trop souvent le cas ici où le savoir-faire artisanal local réel se retrouve de fait dilué dans un tas de souvenir à deux balles.  Le marché de Santiago…C’est le bordel… et c’est ça qui est bon ! Vous trouverez des poules à vendre sous les étals de vêtement, des crevettes au milieu des fruits et légumes. Evidemment, il n’y a pas de chaîne du froid ici. La viande est vendue comme ça, elle aussi potentiellement au milieu des belles ceintures des femmes Tz’utujils et des chaussures en plastiques ou diverses contrefaçons très grossières pour le coup !

 

Le marché de Chichi (dit TchiTchi ou Chichicastenango). C’est à deux heures de bus de San Pedro. Au fond, ce n’est pas très loin… 60 km tout au plus. Tout d’abord, 1H30 de bus dans les montagnes. Là, c’est le pompon ! Ce ne sont pas des nids de poules mais des alternances de routes en terres, bien abîmées par la pluie diluvienne de la veille, des routes goudronnées mais avec des trous de 40 cm de profondeur, ceci dans un bus d’un niveau tout juste supérieur aux Chicken Bus, avec frein à main très aléatoire et sans amortisseurs. J’en reparlerai !

L’arrivée à Chichi est étonnante. Des pick-up remplis d’une vingtaine de personnes arrivent de partout. Vus les tenues vestimentaires variées, les gens viennent parfois de loin. Certains vendeurs arrivent avec leur fourniture sur le dos, à pieds. Sans doute se sont-ils levés au milieu de la nuit. Ca fait un peu penser aux récits de foires bretonnes avant la guerre. Ca grouille de partout, le marché est immense (je m’y suis d’ailleurs perdu, heureusement deux heures avant le départ du bus). Les couleurs ? Tu t’en prends pleins la vue. Les odeurs ? Rien de spécial… ce ne sont pas les épices indiennes ! sauf… sauf en face de l’église au comme à San Juan Chamula, les mythes mayas se mélangent avec les traditions catholiques, ceci au milieu du marché aux fleurs.

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L’encens est vraiment partout, au point qu’il devient difficile de voir claire en rentrant dans l’église. A l’intérieur de l’église, un prêtre officie pour des baptêmes express (1 minutes maxi, et ça ne rigole pas car il y a la queue). Durant mon passage, pas moins de 15 baptêmes ont été célébrés. Bon sinon, on retrouve les mêmes trucs que dans les autres marchés… le coin des cireurs de chaussures, où il y a autant de cirage sur les chaussettes que sur les chaussures (on m’a proposé de cirer mes tongs… mais ça va pas la tête ?). Juste derrière, des vendeurs de jus de fruits frais sont là aussi. C’est super bon. Tu choisis tes fruits ou ton mélange, ils mettent ça dans la machine et hop ! que c’est rafraîchissant ! Un super beau marché… à voir !

Le retour de marché

On m’a souvent raconté que le retour du marché de Pont-Croix était compliqué, la journée avait été longue, on avait retrouvé plein de monde avec qui on avait bu des coups… Bref… Ici, le retour aussi a été long, mais pas pour les mêmes raisons. Le bus a failli prendre feu dans la montagne. Bon, l’avantage, c’est qu’on a accès direct au moteur de l’intérieur du bus. Ce qui fait plein de fumée dans le bus… A un moment donné où on ne dépassait plus la première, que la dame à côté de moi avait son mouchoir sur le nez à cause de la fumée noire à l’extérieur et à l’intérieur du bus, le choix a été fait de s’arrêter. Une calle sur chaque roue (ben oui, le frein à main est sans doute un peu limite…)… La pluie quotidienne se met à tomber, ce sont des trombes qui tombent. Les chauffeurs et leurs potes se marrent bien devant. Nous, on se demande si on ne va pas passer la nuit ici, dans les montagnes parmi les bêtes sauvages. Une heure trente après, nous sommes repartis sous les acclamations générales de la population du bus. Je n’imagine pas ce scénario en France où il y aurait probablement eu la queue au comptoir en rentrant pour se faire rembourser. C’est tout de même quelque chose les transports guatémaltèques !

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SAN PEDRO DE LA LAGUNA

Depuis la frontière Mexico-Guatémaltèque, après mon grand tour en Chicken-bus, après la traversée du Lac Atitlàn depuis Panajachel en lancha, me voici à San Pedro de la Laguna, au pieds du volcan San Pedro, tout au bord du lac. C’est ma première étape Guatématèque, j’y suis resté deux semaines. J’aurais pu y rester encore plus longtemps !

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De Panajachel, vue sur le lac Atitlàn et ses volcans dont le San Pedro à droite

San Pedro est une petite ville bien calme lorsque j’y étais (saison basse, saison des pluies). C’est connu pour le cadre assez exceptionnel et paisible à la fois, ainsi que pour ses écoles d’espagnol (une dizaine au total). J’en ai moi-même choisi une (Ecole Mayab, voir article dans Expériences) dans laquelle je suis resté deux semaine, et bien entendu en parallèle dans une famille locale. A la maison,  l’espagnol est mélangé au Tz’utujil  (langue maya parlée dans une vingtaine de communes) dans la même conversation comme le breton chez les mémés. J’ai pu vivre 15 jours dans la famille de Mario et Anà, avec les deux enfants Juàn José et Marià Alejandra.

LA VIE EN FAMILLE GUATEMALTEQUE

Ici, la plupart des gens prépare leurs maisons à un étage supplémentaire. Il y a donc des tiges de fer partout sur les toits. Mario, lui, a déjà fait ses étages, preuve que ses affaires doivent se porter correctement. Au-dessus du petit magasin de bières Coronà, qui fait également laverie et cyber café, il a construit un petit hôtel, le Don Chema (nom de son grand-père), et au dernier étage un bar avec deux amis. Dans la vie, il est animateur sportif pour la ville auprès des écoles. L’école se déroulant de 7h15 à 12h30, il assure des animations sportives avec les enfants l’après midi. Evidemment, j’ai été embauché à deux reprises pour jouer au foot. Anà, quand à elle, s’occupe de la maison, de l’hôtel, de la laverie (qui se fait au lavoir), et fait un peu de couture.

Les enfants sont un peu comme chez nous. Marià-Alenjandra voudrait être princesse et trouver un prince pêté de tunes pour que sa maman ne travaille plus, mais si ça ne marche pas, elle fera docteur. Son frère Juàn-José veut quand à lui être footballeur pro au Barça. Comme il n’a pas de plan B, je lui ai dit qu’au pire il pouvait venir jouer au FC Lorient. Les gars jouent donc au foot, les filles aussi (très tôt, elles s’occupent des taches ménagères). Marià fait du basket. Comme un footballeur pro  doit parler anglais et qu’une princesse peut potentiellement rencontré un prince anglophone, on a fait des cours d’anglais (ne pas confondre chicken et kitchen !). Ici, pas de consoles de jeu vidéo. Juàn José va dans une école privé, une personne d’Alaska paye un truc du genre 100 € par mois. Marià est dans une école publique, mais bien équipée. Il faut savoir que certaines écoles ne disposent d’aucun ordinateur à ce jour.

C’est drôle de se promener en ville. On entend sans cesse ce bruit « clac-clac-clac ». Ce sont les femmes qui préparent les tortillas. Ils en mangent une quantité ! C’est impressionnant. Je dois avouer avoir eu du mal au départ. Je me suis eu final bien adapter, plus qu’aux frijoles (des haricots ou des fayots si vous préférez) présents à tous les repas y compris au petit déjeuner Le maïs cuisiné sous toutes ses formes (cuit à la vapeur, préparé en pates, sur épis, en soupe), les bananes (version nature, cuites à l’eau, frites…) sont souvent présents au menu, le tout accompagné de café local, pour le coup pas fort du tout !

Ces moments en famille étaient très riches. Nous avons échangé sur plein de sujet : la comadrona qui est la sage-femme locale qui a un don et qui donc ne fait pas d’études, les tremblements de terre (la nuit qui a suivi, tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter où j’ai vraiment vu les murs tremblés… ).

De supers moments qui resteront gravés, c’est sûr.  Le dernier soir, la bombarde était de sortie (toute la famille est venu du coup : cousin Brian, cousin Mario…).

Allez, quelques photos des rencontres à San Pedro !

QUE FAIRE A SAN PEDRO ?

Des cours d’espagnol : c’est un vrai business, c’est développé, pro et ça fonctionne. Pour ma part j’y suis resté deux semaines. La progression demande un peu de travail au-delà des 4 heures de cours.

Des activités sur le lac : c’est peu développé. Des agences proposent du canoé à pas cher du tout.

Des randonnées : c’est très populaire avec deux spots essentiels. Le premier est la Nariz del Indio (vous prenez la montagne la mettez à l’envers et ça donne la photo ci-dessous). Beaucoup de gens prennet un tours à 4h du matin, pour aller voir le lever du soleil (guide obligatoire, vers 150 QTZ). La seconde randonnée est l’ascension du volcan (là encore, le guide est quasi obligatoire).  J’en ai fait aucune des deux : saison des pluies et météo trop aléatoire.

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Les villages alentours : San Juàn pour les ateliers de tisseuses, San Marco pour son « industrie touristique » de la relaxation, Santiago pour son marché du jeudi… et plus loin Chichicastenango pour ses marchés, surtout celui du dimanche.


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FRONTIERE MEXIQUE GUATEMALA

FRONTIERE MEXIQUE-GUATE A SAN PEDRO DE LA LAGUNA

On lit de tout sur le passage des frontières en Amérique Centrale. Une chose est sûr me concernant, je me suis embarqué dans le plan le plus galère, mais aussi le plus … typique… dirons-nous.

Etape numéro 1 : le colectivo de Comitàn à la frontière. Ce n’est pas compliqué. Tu t’arrêtes à un endroit, juste avant Comalapa (pour le coup, j’ai toujours des cartes téléchargées en hors connexion. Même quand tu ne comprends rien, tu sais au moins où tu es). Il y a des cabanes où je suppose qu’il faut aller s’enregistrer auprès des autorités mexicaines avant de sortir du territoire, et payer par la même occasion les 350 pesos. Perso, je n’ai rien vu car je me suis fait embarquer vite fait dans le taxi menant au poste frontière guatémaltèque (7 dans le taxi)… Et là, on me demande : « tu vas à Panajachel ? C’est ce bus »… Ouai OK, mais je n’ai toujours vu aucun garde-frontière. On me montre une sorte de bureau, je file mon passeport au gars, il met le tampon sans la moindre question. Je suis officiellement au Guatémala. J’ai juste oublié de dire que les mexicains me croient toujours chez eux… mais ça ce n’est pas grave tant que j’ai le tampon d’entrée au Guaté.

Etape numéro 2 : Là, c’est l’horreur… on te harcèle pour changer ton argent, pour te faire croire que le mini-bus est mieux que celui du voisin… Je ne maîtrise pas le taux de change donc j’ai juste l’impression d’être un pantin à frique qu’on va arnaquer le mieux du monde. J’avais lu un truc disant qu’il ne fallait pas rester sur cette zone et qu’il fallait aller à la sortie du bled pour prendre un chicken bus (ancien bus scolaire américain costumisé, avec un petit nom). Comme j’ai décidé de faire compliqué, c’est parti et me voilà embarqué par le Chicken bus (je suis allé au terminal de bus à pieds alors que normalement on prend un touc-touc car ça monte vraiment !).

Ce n’est pas cher et on comprend pourquoi ! Le chicken bus, c’est un concept guatémaltèque. Il s’arrête partout et à chaque arrêt il devient un magasin ambulant. Tu peux tout acheter du coca, du maïs, des fruits, des pop corns, des barres de céréales…)… ou presque, j’ai même vu des illuminés commençant à parler du Christ, tout ça pour finir par vendre des gélules type Juvamine « buvez du coca, vous ne grossirez pas ! ». Le chicken bus n’a pas d’amortisseurs et vu l’état des routes guatémaltèques, ça fait mal au cul… Le chicken bus peut rouler à l’africaine, porte ouverte avec un ou plusieurs type sur le toit. Enfin le chicken bus peut entasser 80 personnes (sans compter les enfants bien sûr) dans un bus initialement fait pour une quarantaine de personnes. Et bien sûr, dans le chicken bus, la musique est à fond les ballons ! Au début, c’est drôle. Après 6 heures alors qu’on t’avait dit 4 heures et que la nuit tombe et que tu dois changer de Chicken Bus, là c’est moins drôle.

 

Etape 3 : nan, nan, je ne suis pas arrivé. Il reste encore au moins 1H30 avec 3 changements sauf qu’il fait nuit. Des gens autour de moi commence à me regarder « qu’est-ce qu’il fout ici çui-ci !). Je sais, moi aussi je ne veux pas voyager de nuit en Amérique Centrale. Je décide donc de m’arrêter en voyant une pancarte Hôtel. Je suis dans un bled qui s’appelle Cuatro Caminos. C’est un peu le carrefour de tous les bus, des routiers tatoués. Ici, ça gueule dans les rues, c’est un vrai bordel. Les routes sont complètement défoncées. Je fonce à l’hôtel repéré le plus vite possible. C’est assez glauque mais ça fera l’affaire. On me propose la chambre à 3 euros la nuit…  « Euh… vous n’avez pas plus chère ? ». Au final, je me retrouve dans la chambre la mieux de l’hôtel + 1 coca + 1 trucs de nouilles chinoises à passer au micro-onde pour 9 euros. J’aurai dormi quelques heures en ayant l’impression de dormir sur la rue (pas d’isolation phonique). Le lendemain matin, j’ai un peu hâte de partir.

Etape 4 : un premier chicken bus jusqu’à La cuchilla, un deuxième jusqu’à je ne sais plus où (10 minutes), et un troisième jusqu’à Panajachel, sur le bord du Lac Atitlàn. Whouah ! C’est magnifique ce lac bordé de volcans. Je dois dire que le tout s’enchaîne super bien et que les premiers guatémaltèques rencontrés sont super avenants. Tu poses une question, ils répondent et on enchaîne sur une conversation.

Etape 5 : la Lancha, ben oui je suis arrivé du mauvais côté du lac (ça, c’était prévu) car c’est l’itinéraire le plus court. Il faut donc prendre le bateau pour la traversée. 20 minutes après, j’arrive enfin à San Pedro de la Laguna, super petite ville guatémaltèque sur les bords du lac Atitlàn, eu pieds de volcan imposants et élégants… en sommeil

Bilan : j’ai gagné de 8 à 5 euros avec mon transport typique, j’ai vu de beaux paysages, j’ai découvert l’univers Chicken Bus… mais à refaire je prendrais le mini-bus (même si les horaires annoncées sont totalement sous-estimées également… compter deux heures de plus). Ca reste une super expérience !