Publié dans AFRIQUE DU SUD

JO’BURG, LE POIDS DOULOUREUX DE L’APARTHEID

Il faut l’admettre, cette ville interpelle, parfois douloureusement. Je loge en centre ville, quartier de Braamfountain… mais ils sont ou les blancs ? Au bout du quatrième jour, je n’avais toujours pas vu de blanc sud-africain ! Si… une seule de Capetown de passage à l’hôtel. L’apartheid est  pourtant terminé depuis belle lurette ! Tentatives d’explications…

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Les bons musées ont souvent ce mérite, celui de faire comprendre ce passé, qui rend ce présent si troublant ! Le musée de Constitution Hill est situé non loin de l’hôtel… mais il est conseillé d’y aller en Uber, toujours pour raison de sécurité (à pieds, ça le fait toujours avec les règles d’usage) ! Lr musée abrite une des anciennes prisons de Jo’burg. Il est plutôt bien fait. On peut y visiter le quartier des femmes, avec des vidéos assez poignantes sur les raisons des incarcérations et les conditions de vie (évidemment, toutes ces femmes étaient noires). Pour beaucoup de femmes, elles étaient embarqués car elles n’avaient pas de Pass sur elles (carte d’identité mentionnant entre autre la race…). Ça rappelle d’autres sombres histoires. Winnie Mandela (seconde femme de Nelson) a été incarcérée ici d’ailleurs. Tout comme son mari, Nelson… on peut d’ailleurs y visiter sa grande cellule d’isolement, paradoxalement très bien pourvue (bureau…). Toute une autre partie est consacrée aux deux plus célèbres prisons détenus ici : Nelson Mandela bien sûr mais également Ghandi ! Jeune avocat, il est venu s’installer ici. Il a commencé à initier des rebellions pacifiques après s’être vu refuser un siège dans un bus à cause de la couleur de sa peau. C’était bien avant Nelson Mandela, bien avant l’indépendance de l’Inde ! Enfin Constitution Hill abrite également le palais de la Constitution, cette dernière fut établie en 1995. C’est très récent. Pour la petite histoire, outre tous les droits fondamentaux, elle reconnait 11 langues « nationales » !

Cette première étape est assez poignantes. C’est un site qui vaut vraiment le coup et qui mérite de passer un peu de temps.

 

Toujours pour comprendre, j’ai visité le quartier (ou plutôt la banlieue) de Soweto située au sud de la ville. C’est une étape incontournable de Jo’burg. C’est ce qu’on appelle un Township. Ce quartier est peuplé uniquement de noirs (qui qu’il paraît que des blancs viennent s’y installer, pas partout évidemment). Certains quartiers sont terriblement pauvres et sont à mettre au même niveau que le bidonville de Dharavi, que j’ai visité à Bombay il y a quelques années. On s’y est arrêté, ça fait toujours un peu voyeur, je sais. Maintenant, ces tours font vivre quelques personnes de ces communautés et permettent une certaine prise de conscience. Ces quartiers pauvres sont peuplés de travailleurs, pour beaucoup illégaux, venant de pays voisins… mais pas que. Pas mal de programmes sont en place dont beaucoup de programmes privés pour les écoles notamment.

À l’origine, c’était beaucoup de travailleurs de campagnes qui venaient pour travailler dans les mines d’or environnantes. D’autres quartiers de Soweto sont devenus des banlieues qu’on pourraient quasiment qualifier de normales (comme par exemple la rue où se trouvent les demeures de deux prix Nobels : Mandela et Desmond Tutu). Enfin, Soweto est un quartier où des émeutes étudiantes ont pris une grande ampleur : en 1976, des manifestations pour protester contre l’éducation en langue Africaner ont vu l’intervention de la police (manifestation à priori anodine), faisant des centaines de morts, dont Hector Pieterson, enfant de 13 ans. Une photo prise par un journaliste où on voit l’enfant porté par un camarade, fera le tour du monde, agitera les consciences et provoquera un embargo sur le pays, des interdictions de manifestations sportives comme la participation aux JO pour l’Afrique du Sud.

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Et enfin, la visite du musée de l’apartheid est un incontournable. Ce musée est hyper riche. On peut y passer des heures si on veut ! C’est par contre beaucoup de lecture. Et on termine la visite par une salle dédiée à… vous l’aurez deviné… Nelson Mandela ! Le musée nous explique comment L’apartheid a été instauré. D’ailleurs on est vite dans le vif du sujet ! A il y a deux entrées : une pour les blancs et une pour les noirs (je vous rassure… on peut prendre celle qu’on veut !).

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Tout y est décrit… les lois qui ont du être établies après que cette ségrégation blanc/noir ait été établie, les conditions de vie déplorable des noirs, les différences de traitements… jusqu’aux manifestations, les boycotts qui ont vu la fin de l’apartheid et l’arrivé au pouvoir de Mandela…. Les négociations troublées par des attentats… Bref, une vraie leçon d’histoire, de non humanisme puis d’humanisme…

Et pourtant… 25 ans après… force est de constater que le mélanges blancs/noirs dans cette ville de Jo’burg a encore du mal à se faire. Les noirs peuvent accéder aux mêmes endroits que les blancs, ils ont les mêmes droits. Ils ont même investi le centre ville… engendrant le départ de blancs vers de nouvelles banlieues comme Sandton. Les entreprises ont suivies. Aujourd’hui, d’anciens hôtels, d’anciennes banques du centre ville de Jo’Burg sont abandonnés et squattés, devenant même des zones de non droit la nuit tombée.

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Vestiges des mines d’or : c’est l’origine de la ville !

C’est hyper étonnant. Certains quartiers s’en sont sortis par des programmes de rénovation menés sur fonds privés. C’est le cas de Maboneng par exemple. Mais il y encore du boulot… beaucoup de boulot ! Et à quelques kilomètres, le quartier chic de Sandton avec ses hôtels de luxe, des casinos, ses centres commerciaux géants, les belles maisons…

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Bref, tout un paradoxe lié à une histoire douloureuse, avec des cicatrices encore ouvertes !

(Il s’agi ici d’un avis personnel suite aux différentes visites. Il y a sans doute des imprécisions, peut-être des interprétations « maladroites ». Si c’est le cas, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour compléter mes propos).

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PREMIERS PAS A JO’BURG

Bienvenues à Johannesburg. Pour les locaux, c’est Jo’Burg, pour les intimes, c’est Josy !
« Hey, faut pas aller là-bas, c’est dangereux ! ». Longtemps, cette ville a figuré dans le peu glorieux Top Ten des villes les plus dangereuses au monde. D’année en année, elle recule dans le classement. Ce n’est quand même pas la panacée. On ne se promène pas dans les rues sans précaution. Il y a des règles d’usage, des rues qu’on ne doit pas prendre, même de jour, ceci parfois à quelques centaines de mètres de quartiers dits « surs ». Ici, un conducteur qui se sent en insécurité peut griller le feu rouge. Pour aller d’un quartier à un autre, on appelle Uber !
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J’ai mis un peu de temps à m’y faire, à JO’BURG. Le jetlag et la fatique n’aident pas. Mon hôtel, top design, est situé dans le centre. A ma grande surprise, je n’ai vu que peu de blancs dans les environs (en trois jours, je n’ai parlé qu’à des noirs… Les blancs, je ne les ai pas vus). L’apartheid est terminé, ce n’est pas pour autant que les gens se mélangent. Les blancs vivent souvent en périphérie ou dans des quartiers quasi fortifiés. Mon quartier est correct ce qui veut dire : « en journée, tu ne crains pas trop, le soir, tu ne sors pas seul et tu te fais accompagner si tu veux retirer de l’argent ». Les gens de l’hôtel sont à ce titre soir avenants et toujours prêts à aider si nécessaire. Des soirées communes sont organisées régulièrement, ce qui permet d’aller dans des lieux où il aurait été impossible d’aller seul. J’ai fait une soirée au sommet d’une tour, jadis infréquentable mais aujourd’hui abordable avec ce genre d’organisation.
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Et puis petit à petit, on s’y fait ! En face de l’hôtel, côté « safe », il y a un café concert au top, assez orienté jazz, musique africaine actuelle : The Orbit. Le petit marché de Neighbourgood est situé tout près de l’hôtel. Il a lieu le samedi matin … dans ce quartier noir. Et pourtant, les blancs s’y pressent. Ca fait même carrément le marché bobo de la ville. On y mange de tout (cuisines du monde), à l’étage, ça fait bon genre de se promener avec son seau à champagne à midi. Quelques « noirs huppés » s’en mêlent.

Tiens, il y en a un qu’on voit souvent ici :
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Un peu plus loin, dans le quartier de Maboneng, on retrouve la même clientèle, cette fois le dimanche. J’ai adoré le quartier. C’est un ancien quartier industriel rénové, là encore pour clientèle bobo, il faut le dire. Mais on y mange de tout : des crêpes ou de la cuisine éthiopienne… Vraiment, ça vaut le détour. A ce titre, il y a une très belle auberge dans le coin : Curiocity, avec qui j’ai fait le tour de Soweto. Ce quartier, ce sont des bâtiments industriels rénovés esprit Loft avec beaucoup de goût !


Je crois donc que cette ville se mérite. Il faut y prendre le temps. Après quelques jours :
– les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore complètement refermées. J’y reviendrai dans un prochain article
– les blancs ont désertés bon nombre de quartiers du centre ville. Des programmes urbains audacieux permettent tout de même un peu de mixité (Maboneng…)
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Et puis petit à petit, on s’y fait ! En face de l’hôtel, côté « safe », il y a un café concert au top, assez orienté jazz, musique africaine actuelle : The Orbit. Le petit marché de Neighbourgood est situé tout près de l’hôtel. Il a lieu le samedi matin … dans ce quartier noir. Et pourtant, les blancs s’y pressent. Ca fait même carrément le marché bobo de la ville. On y mange de tout (cuisines du monde), à l’étage, ça fait bon genre de se promener avec son seau à champagne à midi. Quelques « noirs huppés » s’en mêlent.

Tiens, il y en a un qu’on voit souvent ici :
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Un peu plus loin, dans le quartier de Maboneng, on retrouve la même clientèle, cette fois le dimanche. J’ai adoré le quartier. C’est un ancien quartier industriel rénové, là encore pour clientèle bobo, il faut le dire. Mais on y mange de tout : des crêpes ou de la cuisine éthiopienne… Vraiment, ça vaut le détour. A ce titre, il y a une très belle auberge dans le coin : Curiocity, avec qui j’ai fait le tour de Soweto. Ce quartier, ce sont des bâtiments industriels rénovés esprit Loft avec beaucoup de goût !


Je crois donc que cette ville se mérite. Il faut y prendre le temps. Après quelques jours :
– les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore complètement refermées. J’y reviendrai dans un prochain article
– les blancs ont désertés bon nombre de quartiers du centre ville. Des programmes urbains audacieux permettent tout de même un peu de mixité (Maboneng…)
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Je crois donc que cette ville se mérite. Il faut y prendre le temps. Après quelques jours :
– les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore complètement refermées. J’y reviendrai dans un prochain article
– les blancs ont désertés bon nombre de quartiers du centre ville. Des programmes urbains audacieux permettent tout de même un peu de mixité (Maboneng…)
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J’ai mis un peu de temps à m’y faire, à JO’BURG. Le jetlag et la fatique n’aident pas. Mon hôtel, top design, est situé dans le centre. A ma grande surprise, je n’ai vu que peu de blancs dans les environs (en trois jours, je n’ai parlé qu’à des noirs… Les blancs, je ne les ai pas vus). L’apartheid est terminé, ce n’est pas pour autant que les gens se mélangent. Les blancs vivent souvent en périphérie ou dans des quartiers quasi fortifiés. Mon quartier est correct ce qui veut dire : « en journée, tu ne crains pas trop, le soir, tu ne sors pas seul et tu te fais accompagner si tu veux retirer de l’argent ». Les gens de l’hôtel sont à ce titre soir avenants et toujours prêts à aider si nécessaire. Des soirées communes sont organisées régulièrement, ce qui permet d’aller dans des lieux où il aurait été impossible d’aller seul. J’ai fait une soirée au sommet d’une tour, jadis infréquentable mais aujourd’hui abordable avec ce genre d’organisation.
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Et puis petit à petit, on s’y fait ! En face de l’hôtel, côté « safe », il y a un café concert au top, assez orienté jazz, musique africaine actuelle : The Orbit. Le petit marché de Neighbourgood est situé tout près de l’hôtel. Il a lieu le samedi matin … dans ce quartier noir. Et pourtant, les blancs s’y pressent. Ca fait même carrément le marché bobo de la ville. On y mange de tout (cuisines du monde), à l’étage, ça fait bon genre de se promener avec son seau à champagne à midi. Quelques « noirs huppés » s’en mêlent.

Tiens, il y en a un qu’on voit souvent ici :
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Un peu plus loin, dans le quartier de Maboneng, on retrouve la même clientèle, cette fois le dimanche. J’ai adoré le quartier. C’est un ancien quartier industriel rénové, là encore pour clientèle bobo, il faut le dire. Mais on y mange de tout : des crêpes ou de la cuisine éthiopienne… Vraiment, ça vaut le détour. A ce titre, il y a une très belle auberge dans le coin : Curiocity, avec qui j’ai fait le tour de Soweto. Ce quartier, ce sont des bâtiments industriels rénovés esprit Loft avec beaucoup de goût !


Je crois donc que cette ville se mérite. Il faut y prendre le temps. Après quelques jours :
– les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore complètement refermées. J’y reviendrai dans un prochain article
– les blancs ont désertés bon nombre de quartiers du centre ville. Des programmes urbains audacieux permettent tout de même un peu de mixité (Maboneng…)
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Et puis petit à petit, on s’y fait ! En face de l’hôtel, côté « safe », il y a un café concert au top, assez orienté jazz, musique africaine actuelle : The Orbit. Le petit marché de Neighbourgood est situé tout près de l’hôtel. Il a lieu le samedi matin … dans ce quartier noir. Et pourtant, les blancs s’y pressent. Ca fait même carrément le marché bobo de la ville. On y mange de tout (cuisines du monde), à l’étage, ça fait bon genre de se promener avec son seau à champagne à midi. Quelques « noirs huppés » s’en mêlent.

Tiens, il y en a un qu’on voit souvent ici :
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Un peu plus loin, dans le quartier de Maboneng, on retrouve la même clientèle, cette fois le dimanche. J’ai adoré le quartier. C’est un ancien quartier industriel rénové, là encore pour clientèle bobo, il faut le dire. Mais on y mange de tout : des crêpes ou de la cuisine éthiopienne… Vraiment, ça vaut le détour. A ce titre, il y a une très belle auberge dans le coin : Curiocity, avec qui j’ai fait le tour de Soweto. Ce quartier, ce sont des bâtiments industriels rénovés esprit Loft avec beaucoup de goût !


Je crois donc que cette ville se mérite. Il faut y prendre le temps. Après quelques jours :
– les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore complètement refermées. J’y reviendrai dans un prochain article
– les blancs ont désertés bon nombre de quartiers du centre ville. Des programmes urbains audacieux permettent tout de même un peu de mixité (Maboneng…)
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Je crois donc que cette ville se mérite. Il faut y prendre le temps. Après quelques jours :
– les cicatrices de l’apartheid ne sont pas encore complètement refermées. J’y reviendrai dans un prochain article
– les blancs ont désertés bon nombre de quartiers du centre ville. Des programmes urbains audacieux permettent tout de même un peu de mixité (Maboneng…)
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