Publié dans NICARAGUA

OMETEPE, L’ILE LACUSTRE AUX DEUX VOLCANS

Pour terminer mon périple nicaraguayen, j’ai mis le cap vers OMETEPE. Cette île est l’une des plus grande île lacustre de la planète. Et c’est encore les volcans qui sont au coeur du paysage. L’île est né de deux volcans : Madeira, le plus petit aujourd’hui éteint et Concepcion, le plus haut quand à lui actif avec des éboulements fréquents et une dernière éruption en 2007.  Ometepe, c’est une petite pépite. La population sait qu’il y a un potentiel touristique, mais il faut le dire… c’est un peu « pas structurée » cette affaire… A l’image du Nicaragua en fait… et c’est ça qui est bon !

dig
Madeira

La première étape consiste à prendre un ferry… « d’un autre temps ». Je venais de Managua, dans un bus « d’un autre temps », toujours protégé par la vierge Marie, par Jésus ou Jéhovah (ils peuvent conduire comme des tarés en Amérique centrale, il y a toujours Jésus, Marie pour vous protéger dans le bus, donc no panique !). De Rivas, j’ai pris un taxi pour le dernier Ferry à San Jorge. De la route, j’avais déjà aperçu les deux Mastodons. Du bateau, il fait sombre mais l’impressionant Concepcion en impose. Qu’il est beau ce volvan avec sa forme conique quasi parfaite. Cette nuit, je dormirai au pieds du volcan à Moyagalpa, la plus grande ville de l’île.

bty
Le fameux ferry

J’ai chopé comme d’habitude un hôtel sur Booking, cette fois à 4 euros la nuit. J’aurai ma chambre individuelle. C’est tout neuf « Chez Luis ». je suis super bien accueilli et son fils Xavier, qui a une échoppe de location de moto, scooter, vélo, vient me vendre ses prestations. En fait, j’ai plutôt envie de la jouer à la cool, plutôt que de crapahuter comme un fou. Je décide donc de louer un vélo pour le lendemain.

Et c’est parti pour… finalement 40 km de vélo. Pour celui qui avait décidé de se la couler douce… En fait, je me suis dit que le tour du grand volcan était faisable. Je démarre donc par une petite plage, bien aménagée, où on te fait payer 1 dollars… c’est bien pour un pique-nique du dimanche. Je reprends la route, en faisant bien attention de pas me prendre un cheval (tous en liberté ici), ou encore un cochon qui traverse la route et me dirige vers Charco Verde. C’est un parc avec des ballades possibles autour d’une lagune. Honnêtement, c’est tranquilou, c’est calme (j’ai croisé deux touristes et un garde…), et c’est du coup très sympa. J’y ai encore croisé des singes hurleurs et les Urracas sont partout. Ils crient à tue-tête mais qu’est-ce qu’ils sont beaux avec leur petite houppette ! Pour finir, je m’arrête dans le truc au papillon. C’est une sorte de serre, avec des fleurs tropicales, des papillons partout et quelques colibris. Le tour est vite fait. Pour ma part, je m’émerveille toujours autant devant le Morpho, super papillon bleu (photo chopée sur internet).

Je continue ma route. Ca monte, il fait chaud et humide (comme d’habitude). Je regarde la carte, j’ai fait 17 km et pas le tiers du parcours. Bon ben tant pis, je fais demi tour et verrai le reste demain !

Le lendemain, je loue un scooter. Xavier a essayé de le vendre la moto, plus pratique me dit-il compte tenu de chemins parfois difficiles. J’ai lu sur des blogs qu’il y avait beaucoup de chutes sur les chemins. Après des essais plutôt concluants sur le terrain de base-ball, je me dis qu’il est plus raisonnable de louer un scooter (juste histoire d’assurance et de sécurité). Il s’avérera que Xavier avait raison, les routes sont pour les 2/3 des pistes, et durant cette saison des pluies, je vous laisse imaginer l’état. La circulation en scooter fut hyper compliquée, en moto elle l’aurait été moins mais certainement avec un certain niveau de danger. Bref…

IMG_20171023_133554.jpg

Une des attractions de l’île est la cascade San Ramon. C’est au sud, autour du Madeira. Sur la carte, ça parait vite fait. Il me faudra bien une heure et demi pour y arriver. La montée est vraiment très cool, entre des forêts plus sèches, les forêts humides. Je passe un peu de temps  essayer de communiquer avec les singes hurleurs sur le chemin. Je l’avoue, je suis un peu ridicule à crier dans les bois… en même temps, je suis tout seul… et figurez-vous qu’ils me répondent. La fin de la montée est un peu plus compliquée avec les traversées de rivière (je m’y suis casser la gueule d’ailleurs en redescendant mais rien de mal). Au final, le spectacle est superbe. Ce n’est pas la cascade de la super méga grosse rivière, mais plutôt celle d’un gros ruisseau qui tombe en fines lignées de perle (c’est comme ça que je vois ça… c’est bizarre non ?).

Je continue mon chemin, toujours sur cette piste digne d’un Paris Dakar. C’est parfois un peu lourdingue mais c’est toujours compensé par des trucs marrants : mes cochons exotiques qui bouffent de la pastèque, ces enfants qui rentrent de l’école à cheval (j’en entends deux d’ici qui doivent dire « trop de la chance »), et puis les belles vaches qui prennent la pause ! Je suis également parfois bloqué par les camions de bananes : c’est la récolte. C’est drôle. Comme chez nous à l’époque des petites bottes de foin, y’a toujours des bonhommes qui font la sieste sur le tas en rentrant !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Au final, il m’aura fallu toute la journée pour faire le tour de cette île,et je n’ai pas chômé. Au retour, j’ai fait une petite halte à Ojo de Agua. C’est un site aménagé en forêt. Certains disent que ça fait piscine municipale, moi je trouve que pour une fois, il y a un réel effort d’aménagement. C’est plaisant de faire plouf dans de l’eau fraîche, au milieu de la nature après une journée comme celle-là !

Et devinez quoi ? J’ai trouvé un nouvelle asso de tourisme solidaire. Cette fois, j’irai dormir chez Martha, José, José Junior, Ana, et Manuel. L’association s’appelle Puesta del Sol. Comme d’habitude, les gens sont sympas, ils n’ont pas grand chose mais partagent tout se qu’ils peuvent. Une partie des bénéfices vont à la communauté pour aider entre autre les plus pauvres à installer une cuisine, ou encore pour venir en aide aux personnes âgées. Bien sûr, la famille en bénéficie également et ce n’est pas peu…

José est agriculteur. Il a une finca de moins d’un hectare. Ils y cultivent riz, maïz, frijoles… Tout ces cultures ne servent qu’aux besoins de la famille et des proches. Il n’y a pas de vente de cultures. « Mais tu vis de quoi , José ? ». Et bien, en parallèle, il travaille pour d’autres fincas moyennant 3 dollars par jours. Finalement, ce qu’on leur laisse, ça représente une part de revenu substantiel !

Dans un autre article, je me posais la question du prix du foncier, plus cher qu’en France (Ometepe : un hectare à 30 000 dollars contre 5 000 euros en moyenne en Bretagne). De plus, je n’ai toujours pas vu d’agriculture rentable ! Ici, il n’y a pas de différentiation entre foncier agricole et foncier constructible. Imaginez-donc, sur une île avec un tel potentiel, les investisseurs s’empressent d’acheter… et 30 000 euros pour un hectare en constructible, c’est rien !

OK, OMETEPE, c’est beau, ce n’est pas envahi par les touristes… Les infrastructures sont limites encore mais j’aime ça ! Les gens de l’île restent toutefois inquiets par rapport à un projet de canal, reliant la mer des Caraïbes, via le Rio Sans José au lac Nicaragua, pour ensuite atteindre le Pacifique. Le projet aurait été ficelé avec un consortium chinois qui assurent les travaux, moyennant une concession de … 50 ans renouvelable à priori 50 ans de plus. C’est un peu comme si on leur achetait leur lac, avec risques de pollution non maîtrisables à leur niveau. Pour l’instant, les travaux n’avancent pas, affaire à suivre donc…

 

Publié dans NICARAGUA

RIO SAN JUAN OU LE RDV EN TERRE INCONNUE

Beaucoup disent que le Nicaragua, c’est le Costa Rica en moins cher, avec une nature mieux préservée et plus d’authenticité. Je ne connais pas le Costa Rica, mais j’avais bien envie de découvrir les contrées protégées du pays. Après échanges avec Marion et Armand, me voilà parti pour 7 heures de bus miteux de Managua, pour atteindre la ville de San Carlos. C’est sûr, c’est pas cher (5 dollars) ! J’aime les expériences en bus mais là… bouuuuh… ça collait, ça criait, ça bouffait de tout car les vendeurs viennent directos dans le bus vendre du poulet frites ! Pas grave, je prends mon mal en patience, il parait que la suite est top !

sdr

De San Carlos, il faut une heure et demi de pirogue à moteur sur le RIO  SAN JUAN de San Carlos pour atteindre le village de EL CASTILLO. Comme son nom l’indique, il y a un fort sur la butte qui a été construit pour contrer les pirates venant de la mer des Caraïbes. J’y ai passé la nuit (dans une auberge, pas dans le fort) avant de repartir  le lendemain vers un affluent du Rio San Juan, el Rio Bartola, où j’ai réservé un séjour de deux jours et demi dans la communauté locale Bartola. Les habitants ont mis en place une coopérative de tourisme solidaire :  El Base Camp.

base

 

LE PROJET BARTOLA

Il s’agit d’un séjour de tourisme solidaire dans une communauté retirée dans la forêt tropicale. La population n’a pas grand-chose pour vivre. Ils se sont rendus compte que leurs fincas (fermes) ne pouvait pas leur permettre de vivre dans des conditions raisonnables. Produire plus ? oui mais le prix pour amener et vendre les produits au village le plus proche est prohibitif…ça ne sert donc à rien…. En plus, « produire plus » impliquerait de couper des arbres pour faire pâturer des vaches ou produire plus de cultures… et pour le faire efficacement, il faudrait utiliser des herbicides qui ruisselleraient directement à la rivière compte tenu de la pluviométrie locale… ruissellement qui appauvrisserait fatalement les sols en emportant la matière organique…

Ici, les effets du réchauffement climatique sont criants et bien plus prononcés que sous nos climats tempérés. L’augmentation de la température de la mer des Caraïbes accentue les cyclones entraînants vents et/ou pluies importants (il y a encore deux semaines, des pluies torrentielles se sont abattues, l’an passé un cyclone a mis par terre une partie de la forêt), ravageant potentiellement les cultures, ou pour le moins lessivant l’ensemble des sols si ceux-ci ne sont pas couverts. En novembre, il pleut plus ici plus qu’à Brest en un an ! C’est dire ! S’il y a une forêt tropicale ici, c’est que Dame Nature a décidé qu’il fallait une forêt pour contenir ce climat difficile. Les 26 familles de la communauté ont donc pris conscience de cette situation, de fait, et décider de faire avec la nature plutôt que contre.

bty

Bref, le principe ici est développer une activité complémentaire, basé sur les ressources naturelles, en les respectant. Ils ont mis en place un Base Camp : 8 tentes sous abris. La quasi-totalité de la communauté est impliquée. Certains vont chercher les touriste en bateaux, d’autres font la cuisine, d’autres entretiennent le site, d’autres sont guides naturalistes (ils sont formés pour !). Ils accueillent 250 touristes par an pour l’instant.

UNE EXPERIENCE UNIQUE

Ouaw ! C’est le mot qui me vient à l’esprit après ce court séjour. J’étais seul, ils sont venus me chercher spécialement et ont organiser le séjour pour moi. A l’arrivée, on voit bien que les personnes de la communauté ne sont pas des pro du tourisme. Ils sont simplement  vrais… et ils font tout pour qu’on se sente à l’aise, la générosité transpire. Une noix de coco avec une paille en paille (et pas en plastique) m’attend.

IMG_20171017_111107.jpg

Avec Pilar, qui sera ma guide durant les deux jours, on cale les activités. Pour moi, ça sera une première ballade d’une heure et demi dans la forêt, une seconde cette fois de nuit sur la rivière, une troisième de trois heures et enfin un stage de fabrication du chocolat. J’aurais pu aller à la pêche (je n’ai pas de patience), faire du cheval (c’est pas mon truc et en plus ça aurait pué dans mon sac durant le reste du voyage) ou encore faire des tortillas (mais j’ai déjà essayé au Guatémala).

En dehors de ça, j’ai mon bouquin (je lie Harry Potter en espagnol et termine Into The Wild) et j’ai un hamac, avec une bande de perroquets verts qui crient en tournoyant au-dessus de ma tête, qui me déconcentrent parfois et qui m’énervent surtout car je n’arrive pas à les prendre en photo.

IMG_20171017_154429.jpg
C’est un peu ballade à la Indiana Jones, à la rencontre des créatures bizarres

Les ballades sont simplement magiques. J’alterne entre canoé avec des Mongos Congos (singes hurleurs) qui nous observent de leurs arbres, les papillons bleus Morpho magnifiques et balades en forêt où comme seul présence il y aura des batraciens colorés, des singes capucins, araignées ou hurleurs, des iguanes ou basilics…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Les paresseux ne se seront pas montrés, le toucan est resté loin sur son arbre, mais était là quand même. On s’arrête pour observer les traces de jaguar. Celui-ci ne se montre quasiment jamais sauf la nuit.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ici, les animaux ne sont pas nourris de quelque manière que ce soit, il n’y a pas de poubelle qui pourrait servir parfois de garde-manger vu que la présence humaine est rare, c’est la nature à l’état pur ou seul le « facteur chance » fait qu’on peut voir la faune locale ou pas. Pour les gens qui veulent absolument tout voir, ce n’est pas ici qu’il faut venir. Ici, c’est la tranquillité et la balade en forêt… Les animaux, il y en aura… si on sait se taire… observer… Pilar m’aura été d’une grande aide. Sans elle, je pense que je n’aurais rien vu .

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pour le chocolat… bon c’était rapide… Pour l’anecdote, mes chocolats ont disparu en soirée. Je les avais laissés sur la table du base camp. Il y a des « lichou » dans la communauté ! Eh eh !

IMG_20171018_150109.jpg

 

LA RENCONTRE AGRO AVEC ALEJANDRO

IMG_20171018_165017.jpg

Alejandro, c’est un peu le président de la coopérative Basecamp. Il  a aussi sa ferme, avec un projet expérimental, qu’il a été super fier de me présenter. C’est un peu moi qui l’ai sollicité. J’avais observé des plantations d’arbres feuillus sur une parcelle. A ma demande, il m’a proposé de me faire visiter sa parcelle expérimentale.

Afin de limiter le ruissellement et de maintenir un certain niveau de fertilité du sol, ils ont commencé à planter des arbres il y a deux ans, suite à une visite au Honduras. Alejandro m’a expliqué que ces arbres avait une croissance rapide et des nodosités (petites boules au niveau des racines permettant de fixer l’azote).  Bientôt, ils vont élaguer une rangée sur deux afin de donner de la lumière au maïs qu’ils vont semer dans l’entre-rang. Les arbres repousseront ensuite, limiteront le développement des mauvaises herbes. Je fais un peu simple mais là encore, nous sommes dans le principe de la permaculture.

Ils savent qu’ils ne produiront pas des masses, mais au moins autant qu’avant. Ce qu’ils produiront leur permettra de manger tout en préservant les forêts humides. Je ne sais pas si le tourisme responsable leur permettra de dégager beaucoup de revenu supplémentaire. Malgré les difficultés, ils veulent rester vivre là… C’est chez eux…

J’ai eu réponse à certaines de mes questions « vues d’avion, par temps de brouillard »

  • Pourquoi ils ne produisent pas plus ? Après tout, une vache fait un veau, de là on peut constituer un troupeau… avec ce troupeau on peut faire du fromage… etc… logique occidentale dans un climat tempéré… Pour élever une vache, ici il faut faire des parcelles en coupant la forêt… ruissellement et tout le tintouin… donc non rationnel.

 

  • Ils n’ont qu’à mécaniser un peu plus… A mon arrivée, ils m’ont fournis des bottes que je n’ai pas quittées. Un tracteur ne ferait pas un plie dans cette terre boueuse… En plus, c’est juste impossible d’amener un tracteur jusqu’ici… En pirogue ?

 

  • Bon OK, mais ça fait un peu décor de carte postale cette affaire : oui, c’est vrai. Dans beaucoup d’endroits, les gens seraient partis pour des conditions de vie plus faciles. Ici, il y a un point important : les gens mangent à leur faim… pas équilibré peut être… mais il y a à manger. Et c’est très souvent la bouffe que fait bouger les gens plutôt que l’absence d’internet. Ils n’ont d’ailleurs pas le téléphone, l’électricité pas toujours… mais c’est matériel tout ça. Ils restent donc hyper attachés à leur territoire et ne trouvent pas de raison de partir. Ils essaient simplement d’améliorer leur quotidien. Les habitants dénoncent actuellement la déforestation entreprise dans la réserve India Maiz située de l’autre côté de la rivière (d’une certaine façon, ils sont le porte-parole de la planète !). Ils espèrent pouvoir jouer un rôle dans le maintien de ce milieu naturel.

bdr

ALLEZ A LEUR RENCONTRE

Les gens de la communauté sont à l’écoute : « qu’est-ce qu’on peut faire pour faire encore mieux ? » me demandaient-ils. Ils savent que leur capital vie est leur environnement. Ils en vivront chichement certainement, mais avec beaucoup d’authenticité et de simplicité. Au final, ils sont peut-être une partie de notre Capital Vie Collectif ?

Le chemin pour aller à leur rencontre relève de l’aventure, mais c’est vraiment une expérience extraordinaire. Le prix de la prestation est très abordable, et vous ne vivrez cette expérience qu’ici… à Bartola !

Heureusement qu’ils sont là parfois, ces gens qui n’ont rien…

Contact : https://www.facebook.com/indio.maiz/

 

 

Publié dans NICARAGUA

MANAGUA, L’EXTRAVAGANTE

Ca fait deux mois et demi que je suis parti. Le temps passe vite ! Que de belles images, de belles expériences humaines ! Et pourtant, sur un long voyage, ça fait parfois du bien de se poser un peu. Marion, une copine de promo avec qui j’ai gardé contact, que je revois lors de ses retours en Bretagne, vit à Managua avec son mari Armand, et leurs deux enfants Safi et Amani. C’est donc naturellement que j’ai fait une halte chez eux. J’ai été accueilli avec de beaux sourires, un bon coup de rouge et… et… une galette au blé noir que Marion ne sort que pour les grandes occasions (je dis galette car Marion est originaire de Plussulien dans le 22).

Marion travaille à la BID (banque interaméricaine de développement). Je vais essayer de faire simple : cet organisme assure la principale source de financement en Amérique latine et dans les Caraïbes. Il assure des prêts, des dons et de la coopération technique. Marion travaille entourés de différents experts (économistes, experts changements climatiques…) sur divers projets dans différents pays. Compte tenu de sa formation et de son expérience, elle intervient majoritairement sur des projets avec connotation agronomique. Et les échanges avec Marion, c’est quelque chose ! Forcément, j’ai appris plein de chose sur les questions restées en suspens depuis le début du voyage, et très clairement, ça m’a donné envie d’en voir et d’en savoir encore plus (expériences de vie locale, agriculture).

J’ai vu un peu de Managua, la capitale du pays. La pluparts des visiteurs font l’impasse sur cette ville détruite par un tremblement de terre en 1931. Il ne reste que peu de monuments historique et il n’y a pas véritablement de centre. Pourtant, elle présente un certain intérêt. La ville est étendue et se développe à grande vitesse. Des centres commerciaux de fou sortent de terre. Tu marches, quelqu’un est derrière toi pour nettoyer.

IMG_20171012_163945.jpg
Le sapin de Noël, début octobre dans le super magasin de Managua

Rosario Murillo, vice-présidente et femme du président Ortegua, appelée la diablesse ou la sorcière (certains disent même que les choix politiques du pays sont vus dans les cartes…) a « planté » des arbres de vie électriques partout dans la ville. Pourquoi pas ?… ça fait un peu Las Vegas quand même… Et ça fait un peu démesuré financièrement quand on voit dans quelles conditions vit la plus grande partie du peuple Nica.

téléchargement (1)

téléchargement.jpg

Les nouveaux quartiers de Managua, le quartier du parc de Malecon présentent au final une vision prospère du pays, pour le moins discutable ! Pour comprendre le Nicaragua, cette petite visite s’impose donc.

J’ai également fait un tour au marché immense de la ville « El Mercado Huembes ». On y trouve de tout : à manger, de quoi s’habiller, de l’artisanat local. J’aime bien les marchés… Celui-ci est pas mal du tout. Pour info, mes Ray Bann achetées à 2.5 dollars sont mortes après 4 jours. On ne m’avait pas dit qu’il ne fallait pas nettoyer les verres, au risque d’enlever la teinture qui les couvrait…

Enfin, le dimanche, nous avons fait un tour sur la côte pacifique à l’éco-lodge Los Cardones. Ici, les tortues viennent pondre leurs oeufs la nuit. Les oeufs sont récupérés et protégés afin d’optimiser les éclosions. Les petites tortues retournent ensuite à la mer et reviendront dans quelques années ici ! Les iguanes sont partout. C’est la côte pacifique On y mange de la langouste, les vagues en font un paradis de surfeurs.

 

Publié dans NICARAGUA

LEON, LA REVOLUTIONNAIRE

Après cette escapade rapide en famille près d’Estelli, je reviens aux villes du Nicaragua. Ce pays est reconnu évidemment pour sa nature préservée, mais aussi pour ses villes coloniales, ses volcans et son passé récent révolutionnaire. Je fais donc route vers LEON, deuxième ville du pays.

IMG_20171007_164949.jpg
L’imposante cathédrale, du toit du musée de la révolution

Je ne sais pas pourquoi, mais dès mon arrivée, j’ai eu une impression mitigée de cette ville. A la descente du bus, sous la pluie, je me fais alpaguer par les chauffeurs de taxis qui essaient tous de m’avoir en me proposant des prix trois fois supérieurs aux prix locaux. Parfois, ça me fait rire… pas là… Ensuite, la traversée du marché, toujours sous la pluie, avec les odeurs pas très agréables, la saleté, m’a laissé un goût très amer. Enfin, je crois que cette ville n’est tout simplement pas très propre, d’où cette sensation… et c’est bien dommage !

En effet, les monuments et les couleurs, au fond, tout est beaux ici. Les belles églises coloniales (il y en a à la pelle !) se mélangent aux fresques révolutionnaires. En arrière-plan, les volcans surplombent la ville de part et d’autre. Le soir,au lieu de s’endormir, la ville s’éveille vraiment au coucher du soleil avec des quartiers de bars et boîtes de nuit.

Que faire à LEON ?

  • Se balader dans la ville en journée, au coucher du soleil. Passé le stade de la saleté, cette ville est belle, les couleurs pastelles me donnent toujours le sourire. Le soir, elles se mêlent aux couleurs du coucher de soleil. Les églises sont également à visiter. La cathédrale, en centre-ville est imposante. D’autres églises, tout aussi jolies sont complètement remplies le dimanche. Dommage simplement que la place centrale soit aussi « bordélique ».
  • Comprendre un peu de l’histoire du pays avec la fameuse révolution. Ici, la guerre civile  est présente partout. Encore plus qu’à Esteli, d’énormes fresques colorent les murs de la ville, des drapeaux du FSLN (front sandiniste de libération nationale) sont présents partout. Sur la place centrale, se trouve le musée de la révolution, dans un bâtiment historique de la ville, qui constituait d’ailleurs « La » prise des révolutionnaires contre la famille Samoza. La visite du musée est étonnante. Mon guide état un ancien révolutionnaire qui m’a vanté ses exploits de « Matador » (tueur) pendant la révolution. Vétu d’un anorack (il fait 35 degrés), je comprendrai après que ce vêtement lui sert également de matelas, sac de couchage. Là encore, le dit « Musée » est sale, le bâtiment n’est absolument pas entretenu, les expositions sont constituées d’article de journaux, de photos punaisées. Hormis les anecdotes d’exploits individuels, ce n’est pas ici que vous allez comprendre le « Pourquoi » de cette révolution. Dommage encore car c’est super intéressant. Comme dans les autres pays que j’ai visités en Amérique centrale, on y retrouve à chaque fois un protagoniste commun : Los Estados Unidos, pas très aimés ici… Fidel est souvent là aussi !
  • Sortir de la ville. Les plages sont à une vingtaine de minute de Léon. Le week-end, la population se presse d’ailleurs à Las Penitas. Je n’y suis pas allé car j’en n’avais pas envie, en plus c’est la saison des pluies avec un temps incertain. Ensuite, il y a évidemment les volcans. Pour s’y rendre, de manière général il faut un guide d’autant plus lorsque vous n’avez pas de véhicules. Les prix sont donc assez élevés et il faut choisir. Il y a l’excursion au volcan TELICA où il est possible de voir la lave en soirée (compter 50 dollars). Moi, j’ai fait le touriste de base au Cerro Negro : tout jeune volcan de 1850 avec la dernière éruption en 1999), vue sur les différents cratères et sur les fumeroles (ici la fumée sort de partout), pas de vue panoramique du sommet car les nuages sont arrivés 15 minutes avant notre arrivée en haut. Ensuite, et c’est là que l’aventure commence, on revêt notre tenue d’astronaute jaune, on s’assoit sur notre planche jaune qui nous servira de luge, on met notre masque de plongée pour protéger les yeux (qui pour le coup coupe également la vue), on met notre bandeau sur la bouche et c’est parti pour 1 minute de descente du volcan à fond les ballons. En bas, et ben on arrive tout noir avec du basalte partout ! On aime beaucoup ou un peu moins… (bof pour ma part). J’ai bien aimé la montée et aurait tout autant apprécié de descendre le volcan en courant ! Ca reste quand même un moment très sympa avec le groupe. Je suis parti avec Volcano Day (30 dollars avec 1 tee-shirt compris, une bière et un aller-retour à la plage pour le lendemain).
Publié dans NICARAGUA

J’IRAI DORMIR CHEZ VOUS… AU NICARAGUA

De l’Ile d’Utila au Honduras, mon Condor m’a amené jusqu’à Esteli, ville de 100 000 habitants, à 150 km de la frontière hondurienne au Nicaragua. Ici, nous sommes dans les terres. La ville est également bien connue pour sa production de cigares et son passé sandiniste. A part ça, pas grand chose à voir… dans la ville…

sdr

A la lecture d’un blog de voyageurs, j’ai été interpellé par une expérience d’Ecotourisme dans le Parc du Miraflor. Il s’agit de passer des moments dans une famille locale, soit en travaillant et vivant avec eux, ou alors en faisant une excursion d’une journée. J’arrive à trouver l’agence Tree Huggers (Café Luz ou Hotel Luna) et on me propose de passer deux jours chez Patricia et Carlos ! Je ne connais pas Patricia et Carlos, mais tout le monde me dit qu’ils sont sympa et qu’en plus Carlos joue de la guitare. Bon ben si Carlos joue de la guitare… c’est parti pour Pati et Carlos ! Avant le départ, je savais une seule chose : ces communautés sont très pauvres et l’écotourisme constitue pour eux une source de revenu d’appoint non négligeable. D’autre part, l’organisation Tree Huggers qui gère le truc redistribue une autre partie à différents projets. J’y reviendrai plus tard.

4H30 du matin : réveil… bourffff… j’aime pas ça ! Mais il ne faut pas être en retard, il n’y a qu’un seul bus à 5H45 à la station service. 45 minutes de chicken bus après (ça faisait longtemps einh ?) … ou 10-15 kilomètres sur une route en terre, bien abîmée par les pluies, je suis attendu par Carlos et son cheval. C’est parti pour une petite marche d’une quinzaine de minute sur un chemin de montagne. Tout est bien trempé. En plus de la saison des pluie, il y a un ouragan tropical qui passe sur le Nicaragua avec des pluies diluviennes quasi continues.

IMG_20171005_064709_1.jpg

Je fais la connaissance de Patricia (la bavarde) et un peu plus de Carlos (plus taciturne mais bien sympa). Leurs deux filles sont là aussi. Carlita, 11 ans, ne va pas à l’école aujourd’hui à cause de la pluie. Loupita (diminutif de Guadaloupe), la petite dernière de 5 ans, n’y va que de temps en temps. Elle deviendra ma complice sur les deux jours.

IMG_20171006_181620.jpg

Après un bon petit-déjeuner où je retrouve mes fameux frijoles (flageolets rouge), Carlos me propose d’aller bosser avec lui. Avant, il est fier de me montrer ses beaux plants de café. Le couple dispose de quelques ares (on va dire deux jardins et une serre). Ils y cultivent essentiellement des fruits et des légumes. A la maison, on mange de la viande pour les anniversaire et Noël. Sinon, c’est légumes de la maison. Mais actuellement, avec la saison des pluies, il n’y a rien à vendre.

IMG_20171005_153259.jpg

C’est donc parti pour quelques heures de désherbage manuel, entrecoupé par les averses. Ces pauses sont l’occasion de se découvrir. J’apprends vite l’histoire de la famille : Carlos a eu deux accidents consécutifs, l’ayant empêché de travailler de nombreux mois. Une opération médicale ayant coûté 1000 euros les a obligé à vendre leur unique vache. Aujourd’hui, il leur reste un cochon et une vache en prêt. Le cheval est au papa de Patricia.

IMG_20171005_071334.jpg

Il sont fiers de leur nouvelle maison. Auparavant, ils vivaient dans une maison en bois. Grâce au programme mené par l’organisation non lucrative, ils ont obtenu l’aide de volontaire et un prêt sur 5 ans (20 dollars de remboursement mensuel). Dans la maison, il n’ y a rien dans la salle… si une TV qui marche de temps en temps… Loupita est fière de mon montrer son transistor … On ne va pas parler de jouets pour les enfants, encore moins de consoles de jeu. Pour les adultes, pas de réseau… on oublie à quel point c’est facilitateur pour dialoguer… en direct ! Bref, la famille vit de rien, est loin de tout.

Je suis invité l’après-midi chez les parents de Patricia. Ils sont malins et essaient de me vendre l’excursion à cheval (le papa de Patricia étant propriétaire d’un cheval, il touche une participation et le guide n’est autre que le beau-frère). Je décline gentiment la proposition. Je ne sais pas monter à cheval (la dernière fois, j’ai fait tomber ma soeur en criant… j devais avoir 10 ans…) et en plus il fait un temps de m… Pas grave, j’ai quand même le droit au « Tour de Café ». J’en avait déjà eu un Guatémala, cette fois c’est le « Tour Café fait maison ».

IMG_20171005_154527.jpg
La torréfaction maison

Le soir a été l’occasion de sortir les instruments de musique. La bombarde a fait son petit effet. Ils préfèrent les instruments qui accompagnent les chants de messe. J’ai eu le droit aux Alléluia ‘dont un que je connaissais, celui qu’on chante souvent aux mariages, et pleins d’autres chants de Carlos et sa guitare. Carlos et la chorale de sa paroisse a quand même gagné le concours inter-paroisse d’Esteli en 2004 je crois !

IMG_20171005_192522.jpg

La nuit, la pluie ne s’est pas arrêté, seulement au petit matin. Nous en avons profité pour faire une ballade avec Carlos jusqu’à une cascade. Au retour, re-pluie, re-frijoles, re-échanges et petite séance photo avec Loupita et toute la famille. Pour redescendre de la montagne, j’ai emprunté les mêmes chemins qu’à l’aller, sauf que ceux-ci étaient devenu des rivières.

IMG_20171006_094824.jpg

Ces deux jours furent courts mais très riches. J’en ressors avec plein de questions :

  • l’écotourisme : pourquoi pas… mais leur système tel qu’il est peut-il tenir la route à long terme sans aides à répétitions ?
  • le prix de la vache, le prix du foncier : Carlos m’annonçait qu’une vache en lactation coûte 1000 dollars, qu’un hectare de terre coûte 3000 dollars, à peine moins cher que dans certaines parties de la Bretagne. Je ne comprends donc pas les retours sur investissements possibles ni la pérennisation de telle situation à long terme.
  • mais sans doute que je pense trop comme un breton ?

dav

dav

Mais dans trois jours, je vais voir Marion ! Nous étions à Angers à l’école ensemble et travaille dans le domaine depuis de nombreuses années. Je sais d’avance que la discussion sera riche !!!