Publié dans NICARAGUA

OMETEPE, L’ILE LACUSTRE AUX DEUX VOLCANS

Pour terminer mon périple nicaraguayen, j’ai mis le cap vers OMETEPE. Cette île est l’une des plus grande île lacustre de la planète. Et c’est encore les volcans qui sont au coeur du paysage. L’île est né de deux volcans : Madeira, le plus petit aujourd’hui éteint et Concepcion, le plus haut quand à lui actif avec des éboulements fréquents et une dernière éruption en 2007.  Ometepe, c’est une petite pépite. La population sait qu’il y a un potentiel touristique, mais il faut le dire… c’est un peu « pas structurée » cette affaire… A l’image du Nicaragua en fait… et c’est ça qui est bon !

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Madeira

La première étape consiste à prendre un ferry… « d’un autre temps ». Je venais de Managua, dans un bus « d’un autre temps », toujours protégé par la vierge Marie, par Jésus ou Jéhovah (ils peuvent conduire comme des tarés en Amérique centrale, il y a toujours Jésus, Marie pour vous protéger dans le bus, donc no panique !). De Rivas, j’ai pris un taxi pour le dernier Ferry à San Jorge. De la route, j’avais déjà aperçu les deux Mastodons. Du bateau, il fait sombre mais l’impressionant Concepcion en impose. Qu’il est beau ce volvan avec sa forme conique quasi parfaite. Cette nuit, je dormirai au pieds du volcan à Moyagalpa, la plus grande ville de l’île.

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Le fameux ferry

J’ai chopé comme d’habitude un hôtel sur Booking, cette fois à 4 euros la nuit. J’aurai ma chambre individuelle. C’est tout neuf « Chez Luis ». je suis super bien accueilli et son fils Xavier, qui a une échoppe de location de moto, scooter, vélo, vient me vendre ses prestations. En fait, j’ai plutôt envie de la jouer à la cool, plutôt que de crapahuter comme un fou. Je décide donc de louer un vélo pour le lendemain.

Et c’est parti pour… finalement 40 km de vélo. Pour celui qui avait décidé de se la couler douce… En fait, je me suis dit que le tour du grand volcan était faisable. Je démarre donc par une petite plage, bien aménagée, où on te fait payer 1 dollars… c’est bien pour un pique-nique du dimanche. Je reprends la route, en faisant bien attention de pas me prendre un cheval (tous en liberté ici), ou encore un cochon qui traverse la route et me dirige vers Charco Verde. C’est un parc avec des ballades possibles autour d’une lagune. Honnêtement, c’est tranquilou, c’est calme (j’ai croisé deux touristes et un garde…), et c’est du coup très sympa. J’y ai encore croisé des singes hurleurs et les Urracas sont partout. Ils crient à tue-tête mais qu’est-ce qu’ils sont beaux avec leur petite houppette ! Pour finir, je m’arrête dans le truc au papillon. C’est une sorte de serre, avec des fleurs tropicales, des papillons partout et quelques colibris. Le tour est vite fait. Pour ma part, je m’émerveille toujours autant devant le Morpho, super papillon bleu (photo chopée sur internet).

Je continue ma route. Ca monte, il fait chaud et humide (comme d’habitude). Je regarde la carte, j’ai fait 17 km et pas le tiers du parcours. Bon ben tant pis, je fais demi tour et verrai le reste demain !

Le lendemain, je loue un scooter. Xavier a essayé de le vendre la moto, plus pratique me dit-il compte tenu de chemins parfois difficiles. J’ai lu sur des blogs qu’il y avait beaucoup de chutes sur les chemins. Après des essais plutôt concluants sur le terrain de base-ball, je me dis qu’il est plus raisonnable de louer un scooter (juste histoire d’assurance et de sécurité). Il s’avérera que Xavier avait raison, les routes sont pour les 2/3 des pistes, et durant cette saison des pluies, je vous laisse imaginer l’état. La circulation en scooter fut hyper compliquée, en moto elle l’aurait été moins mais certainement avec un certain niveau de danger. Bref…

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Une des attractions de l’île est la cascade San Ramon. C’est au sud, autour du Madeira. Sur la carte, ça parait vite fait. Il me faudra bien une heure et demi pour y arriver. La montée est vraiment très cool, entre des forêts plus sèches, les forêts humides. Je passe un peu de temps  essayer de communiquer avec les singes hurleurs sur le chemin. Je l’avoue, je suis un peu ridicule à crier dans les bois… en même temps, je suis tout seul… et figurez-vous qu’ils me répondent. La fin de la montée est un peu plus compliquée avec les traversées de rivière (je m’y suis casser la gueule d’ailleurs en redescendant mais rien de mal). Au final, le spectacle est superbe. Ce n’est pas la cascade de la super méga grosse rivière, mais plutôt celle d’un gros ruisseau qui tombe en fines lignées de perle (c’est comme ça que je vois ça… c’est bizarre non ?).

Je continue mon chemin, toujours sur cette piste digne d’un Paris Dakar. C’est parfois un peu lourdingue mais c’est toujours compensé par des trucs marrants : mes cochons exotiques qui bouffent de la pastèque, ces enfants qui rentrent de l’école à cheval (j’en entends deux d’ici qui doivent dire « trop de la chance »), et puis les belles vaches qui prennent la pause ! Je suis également parfois bloqué par les camions de bananes : c’est la récolte. C’est drôle. Comme chez nous à l’époque des petites bottes de foin, y’a toujours des bonhommes qui font la sieste sur le tas en rentrant !

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Au final, il m’aura fallu toute la journée pour faire le tour de cette île,et je n’ai pas chômé. Au retour, j’ai fait une petite halte à Ojo de Agua. C’est un site aménagé en forêt. Certains disent que ça fait piscine municipale, moi je trouve que pour une fois, il y a un réel effort d’aménagement. C’est plaisant de faire plouf dans de l’eau fraîche, au milieu de la nature après une journée comme celle-là !

Et devinez quoi ? J’ai trouvé un nouvelle asso de tourisme solidaire. Cette fois, j’irai dormir chez Martha, José, José Junior, Ana, et Manuel. L’association s’appelle Puesta del Sol. Comme d’habitude, les gens sont sympas, ils n’ont pas grand chose mais partagent tout se qu’ils peuvent. Une partie des bénéfices vont à la communauté pour aider entre autre les plus pauvres à installer une cuisine, ou encore pour venir en aide aux personnes âgées. Bien sûr, la famille en bénéficie également et ce n’est pas peu…

José est agriculteur. Il a une finca de moins d’un hectare. Ils y cultivent riz, maïz, frijoles… Tout ces cultures ne servent qu’aux besoins de la famille et des proches. Il n’y a pas de vente de cultures. « Mais tu vis de quoi , José ? ». Et bien, en parallèle, il travaille pour d’autres fincas moyennant 3 dollars par jours. Finalement, ce qu’on leur laisse, ça représente une part de revenu substantiel !

Dans un autre article, je me posais la question du prix du foncier, plus cher qu’en France (Ometepe : un hectare à 30 000 dollars contre 5 000 euros en moyenne en Bretagne). De plus, je n’ai toujours pas vu d’agriculture rentable ! Ici, il n’y a pas de différentiation entre foncier agricole et foncier constructible. Imaginez-donc, sur une île avec un tel potentiel, les investisseurs s’empressent d’acheter… et 30 000 euros pour un hectare en constructible, c’est rien !

OK, OMETEPE, c’est beau, ce n’est pas envahi par les touristes… Les infrastructures sont limites encore mais j’aime ça ! Les gens de l’île restent toutefois inquiets par rapport à un projet de canal, reliant la mer des Caraïbes, via le Rio Sans José au lac Nicaragua, pour ensuite atteindre le Pacifique. Le projet aurait été ficelé avec un consortium chinois qui assurent les travaux, moyennant une concession de … 50 ans renouvelable à priori 50 ans de plus. C’est un peu comme si on leur achetait leur lac, avec risques de pollution non maîtrisables à leur niveau. Pour l’instant, les travaux n’avancent pas, affaire à suivre donc…

 

Un commentaire sur « OMETEPE, L’ILE LACUSTRE AUX DEUX VOLCANS »

  1. Contente que mon pays d’adoption t’ait plu… De la diversité, de la beauté, de l’authenticité, de belles rencontres et d’immenses sourires… Que demander de plus ??? Allez, bon vent en Colombie et ailleurs, et si tu as besoin de contacts, tu me dis !!!

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